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06/03/2017 23:59 EST | Actualisé 07/03/2018 00:12 EST

Avances sexuelles: Manille dénonce une série américaine

Les Philippines se sont insurgées mardi contre une fiction américaine dans laquelle le président de l'archipel est montré en train de faire des avances à la secrétaire d'Etat américaine.

Dans la bande-annonce de la nouvelle saison de la série télévisée "Madame la secrétaire d'Etat", le personnage principal donne un coup de poing au "nouveau président philippin non conventionnel", qui se retrouve le nez en sang.

"J'ai tabassé un leader international plutôt que de sauvegarder un accord régional", dit-elle.

L'ambassade des Philippines à Washington a publié un communiqué mardi pour "protester avec force". Elle explique avoir demandé aux producteurs de la série, CBS, de prendre de toute urgence "les mesures correctives nécessaires".

"Non seulement ce portrait hautement négatif de notre chef de l'Etat jette des doutes sur la respectabilité de la fonction du président des Philippines, il dénigre aussi la manière dont notre nation conduit ses affaires", dit le texte.

Dans la bande-annonce, le nom du président philippin est fictif.

Le vrai président philippin, Rodrigo Duterte, 71 ans, a par le passé, suscité la controverse en raison de commentaires perçus comme sexistes et offensants.

Il a rajouté mardi aux motifs de polémique en s'adressant à une invitée lors d'un discours télévisé.

"Je suis dans tous mes états. Croise les jambes, nom de dieu!", a-t-il dit, provoquant les rires de l'assistance.

Durant la campagne pour la présidentielle, les ambassadeurs d'Australie et des Etats-Unis l'avaient critiqué pour avoir déclaré qu'il aurait bien violé une "belle" missionnaire australienne.

Rodrigo Duterte avait réagi avec colère, assurant que ses propos avaient été mal interprétés.

Pendant la campagne, il s'était vanté aussi d'avoir deux maîtresses, précisant qu'elles ne coûteraient rien aux contribuables puisqu'il les logeaient dans des pensions bon marché et louait des chambres d'hôtel à l'heure pour avoir des relations sexuelles.

Le président a également provoqué un tollé en poussant un sifflement admiratif à l'endroit d'une journaliste lors d'une conférence de presse et en plaisantant sur le fait de regarder les jambes de la vice-présidente.

Mais il s'est attiré aussi des louanges pour avoir adopté plusieurs mesures pour défendre les droits des femmes, notamment sur la contraception.

Son porte-parole Ernesto Abella a déclaré que Américains devraient balayer devant leur porte. "Je pense qu'ils projettent quelque chose qu'ils veulent en fait dire sur leur propre situation. Je crois qu'ils devraient montrer un président américain fictif", a-t-il dit à la presse.

Ce n'est pas la première fois que Manille proteste contre Hollywood.

En 2009, le gouvernement avait demandé des excuses à l'acteur Alec Baldwin pour avoir plaisanté sur le fait de "commander" une épouse philippine.

Les producteurs de la série "Desperate Housewives" avaient dû s'excuser en 2007 pour des propos peu amènes de l'un des personnages principaux sur les médecins philippins.

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