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06/03/2017 04:29 EST | Actualisé 06/03/2017 04:29 EST

Une autre femme décrit Bertrand Charest comme un manipulateur

Une quatrième femme a témoigné lundi de l'emprise affective que Bertrand Charest aurait exercée sur elle alors qu'elle était adolescente, dans le cadre du procès de l'ex-entraîneur national de ski alpin pour des accusations de nature sexuelle, au palais de justice de Saint-Jérôme.

Bianca (nom fictif) a raconté qu’elle avait commencé à pratiquer le ski alpin au mont Tremblant alors qu’elle était enfant. À l’âge de 13 et 14 ans, elle a eu Bertrand Charest comme entraîneur, mais n’a pas réussi à accéder à l’équipe d’élite qu’il a formée et entraînée par la suite.

Elle a souligné que Charest portait beaucoup d’attention aux skieuses non seulement sur le plan sportif, mais aussi personnel. Bianca a ajouté qu’elle voyait l’entraîneur comme un mentor, un conseiller en qui elle avait confiance.

Bertrand Charest lui aurait souvent dit qu’elle était trop sage et qu’elle serait bonne à marier, a-t-elle relaté.

Passée sous la supervision d’autres entraîneurs, Bianca a tout de même gardé contact avec Charest. Lors d’appels téléphoniques, qui pouvaient durer des heures, il lui aurait confié qu’il était amoureux d’elle et que ce serait bien s’il pouvait être son premier amant. Elle lui aurait répondu que c’est ce qu’elle souhaitait.

Bianca affirme qu’elle n’a toutefois jamais eu de relations sexuelles avec lui. À l’âge de 16 ans, Charest l’aurait embrassé sur la bouche et lui aurait dit que les choses seraient différentes si elle avait eu 18 ans.

En 1998, les premières révélations sur les comportements inappropriés de Bertrand Charest étaient rendues publiques. Alors âgée de 22 ans, Bianca dit avoir réalisé qu’il l’avait manipulée.

Elle a raconté avoir ressenti un profond sentiment de honte, mêlé de rage et de haine.

Une autre femme viendra témoigner cet après-midi à ce procès.

L'ex-entraîneur fait face à 57 chefs d'accusation de nature sexuelle pour des faits qui se seraient produits dans les années 1990. La Couronne veut faire témoigner les 12 victimes alléguées, qui étaient âgées de 12 à 19 ans à l'époque.

Avec des informations de Louis De Belleval