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06/03/2017 10:02 EST | Actualisé 07/03/2018 00:12 EST

UE/réélection de Tusk: la droite européenne exclut le candidat de Varsovie

Le Parti populaire européen (PPE), principale fédération de partis de droite dans l'UE, a exclu lundi l'eurodéputé polonais Jacek Saryusz-Wolski en raison de sa candidature à la présidence du Conseil européen, poussée par Varsovie, face à son compatriote Donald Tusk.

La Pologne, en froid avec Bruxelles depuis l'arrivée au pouvoir du parti conservateur nationaliste Droit et Justice (PiS), a créé une situation inédite en proposant M. Saryusz-Wolski à la présidence du Conseil. Face à lui, son compatriote Donald Tusk dispose du soutien de la plupart des autres pays pour un deuxième mandat.

"Je regrette profondément la déloyauté et le manque de respect de M. Saryusz-Wolski", a déclaré le président du PPE, le Français Joseph Daul, en annonçant sa "révocation" de son poste au sein du parti européen, à l'issue d'une "réunion d'explications" avec l'eurodéputé.

Jusqu'ici vice-président du PPE, parti européen qui dispose du plus important groupe au sein du Parlement européen et qui soutient Donald Tusk, M. Saryusz-Wolski a pour sa part annoncé à la télévision polonaise sa "démission face à la situation actuelle", entérinée lors d'une "visite d'adieu".

La réélection de M. Tusk, qui occupe la présidence du Conseil européen depuis fin 2014, ne devrait cependant pas être menacée par l'opposition de son propre gouvernement, en raison d'un large soutien pour lui dans les Etats membres de l'UE et du soutien du PPE.

Un vote à la majorité qualifiée est prévu jeudi lors d'un sommet européen à Bruxelles.

Le ministre polonais des Affaires étrangères, Witold Waszczykowski, a néanmoins persisté à plaider lundi en faveur de la candidature surprise de M. Saryusz-Wolski.

"C'est notre candidat, c'est le seul candidat polonais dans la course à la présidence du Conseil européen. Il n'y a pas d'autre candidat polonais", a-t-il assuré en arrivant à une réunion de l'UE à Bruxelles. Par conséquent, "il doit être pris en considération".

Le président socialiste français François Hollande a exprimé lundi matin son soutien à M. Tusk, pourtant d'un autre bord politique, plaidant pour "une vision plus européenne que partisane ou nationale".

Même les dirigeants tchèques et slovaques, proches de Varsovie quand il s'agit de faire connaître leur opposition à la politique européenne en matière d'accueil des réfugiés, se sont montrés réticents à soutenir le candidat mis en avant par le gouvernement polonais.

M. Waszczykowski s'est en revanche félicité d'un soutien hongrois. "Le ministre hongrois a présenté une position très forte ce matin. Il a dit que c'était aux Etats membres de décider qui étaient leurs candidats pour la fonction", a-t-il souligné lundi à Bruxelles à l'issue de la réunion avec ses homologues.

Le chef du PiS Jaroslaw Kaczynski a pour sa part affirmé que le président actuel du Conseil européen était le candidat "d'Angela Merkel, il est le candidat allemand", dans une interview à paraître dans l'hebdomadaire Gazeta Polska.

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