POLITIQUE
06/03/2017 06:46 EST | Actualisé 06/03/2017 07:48 EST

Investiture dans Saint-Laurent: Trudeau est «irrespectueux» envers les militants, selon Deltell

Les partis d'opposition ne mâchent pas leurs mots.

OTTAWA – Le premier ministre Justin Trudeau « passe comme un bulldozer par-dessus tous les militants » pour favoriser une candidate dans la course à l’investiture de Saint-Laurent, accuse le conservateur Gérard Deltell.

« C’est le propre du Parti libéral: ils disent une chose, ils se gargarisent de beaux, grands principes, mais quand vient le temps de la réalité, allez hop, on fout en l’air toutes les règles qui existent », critique le porte-parole de l’opposition officielle en matière de Finances.

« C’est irrespectueux envers ses militants. Nous autres, on est habitués : il est irrespectueux envers les Canadiens. »

Le Parti libéral du Canada (PLC) est accusé de favoriser la candidature de Yolande James, ex-ministre de l’Immigration du Québec, dans l’ancien fief de Stéphane Dion. Radio-Canada a obtenu des images où l’on voit des affiches publicitaires où l’on voit la candidate à l’investiture et le logo du parti.

Selon les règles nationales du PLC, les candidats à l’investiture ne peuvent pas se servir d’un logo ou d’un symbole lié au Parti libéral du Canada sous peine de possibles sanctions.

Une porte-parole de Mme James a confié à Radio-Canada que son équipe n’était pas responsable de ces affiches. Elles avaient été posées par le propriétaire de l’endroit et ont été retirées « immédiatement », à la demande de l’équipe de Mme James.

Des candidats écartés

Justin Trudeau s’est engagé à tenir des courses à l’investiture ouvertes partout au pays, afin de laisser le soin aux militants de choisir leur candidat dans chaque circonscription. Mais des candidats à l’investiture disent avoir été écartés du processus.

Le maire d’arrondissement de Saint-Laurent, Alan DeSousa, n’a pas reçu le feu vert du PLC pour tenter sa chance à l’investiture dans Saint-Laurent. Le parti refuse d’expliquer pourquoi sa candidature et sa demande d’appel ont été rejetées.

Dans la circonscription de Markham-Thornhill, en Ontario, la candidate à l’investiture Juanita Nathan s’est retirée de la course, non sans avoir accusé le PLC d’avoir favorisé une employée du cabinet du premier ministre, Mary Ng.

« Ça, c’est la bonne vieille méthode libérale : on dit une chose et on fait son contraire, déplore Alexandre Boulerice du NPD. C’est une autre promesse brisée de Justin Trudeau, qui avait dit : on va rétablir la confiance dans les institutions, on va avoir des processus ouverts et transparents, on va être très démocratiques. »

« Si j’étais membre du Parti libéral dans Saint-Laurent, je serais extrêmement frustré qu’on ne me permette pas moi-même de choisir qui va me représenter comme candidat libéral, a-t-il dit. Je pense que M. Trudeau est en train de rire au visage des membres du Parti libéral de Saint-Laurent. »

Du côté du Bloc québécois, le chef par intérim Rhéal Fortin veut éviter de s’immiscer dans la course à l’investiture libérale. Il dit toutefois que ce sera au premier ministre de réparer les pots cassés. « C’est un problème avec lequel M. Trudeau va devoir composer », a laissé tomber Fortin.

Le PLC se défend

Le PLC, de son côté, dit être « engagé à utiliser un processus de nomination équitable et ouvert pour les partielles dans Saint-Laurent » et ailleurs.

« Nous prenons au sérieux toutes les questions qui sont soulevées au sujet des courses aux investitures et nous étudions la situation. Les candidats ont toujours l’opportunité de corriger la situation s’il cela s’avère nécessaire », a indiqué Braeden Caley, porte-parole du PLC.

La prochaine candidate libérale dans Saint-Laurent sera nommée le 8 mars, Journée internationale des femmes, en soirée. L’élection partielle aura lieu le 3 avril.

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