Ricardo fête ses 15 ans à la télévision en mars

Depuis plus de 15 ans, Ricardo Larrivée accompagne et inspire des milliers de téléspectateurs avec son émission de cuisine, qui se passe désormais de présentation. Dévoué, souriant et attachant, l’animateur et gastronome québécois a su fidéliser son auditoire, qui lui a permis de s’épanouir quotidiennement au petit écran. Ce mois-ci, Radio-Canada diffusera la 2000e émission de Ricardo et le principal intéressé ne pourrait être plus fier.

En quelques chiffres, qu’est-ce que ça représente, 2000 émissions de télévision ?

Ça équivaut à 3000 recettes, au-delà de 570 jours de tournage, plus de 350 invités, et le tout, diffusé dans 166 pays.

Pensiez-vous vous rendre là un jour ?

Jamais ! Mais, c’est merveilleux. C’est un grand privilège. J’ai élevé mes enfants devant le public, j’ai grandi grâce aux spectateurs et c’est grâce à eux que je suis devenu équilibré. Se faire dire à quel point on nous aime par tant de gens, ça remplit des grands vides émotifs et tu deviens plus solide. C’est très thérapeutique 15 ans à la télévision de façon quotidienne !

Qu’est-ce qui a le plus changé entre l’émission #1 et #2000 ?

À part mes cheveux et mes chemises, je dirais le rythme. Les gens veulent que ça bouge encore plus. J’ai aussi coupé tout le fla-fla. Au début, les intros d’émissions étaient sur le bord du sketch et ce n’était pas nécessaire. Aujourd’hui, on est plus centré sur notre mission : vous apprendre à cuisiner.

Au contraire, qu’est-ce qui n’a pas changé du tout depuis le jour 1 ?

Ma passion pour la cuisine. J’aime autant faire une soupe qu’à l’époque. Je dirais même que j’aime encore plus ça, parce que je maîtrise davantage la cuisine. J’ai plus d’expérience et je peux mieux expliquer ce que je fais et pourquoi je le fais. La cuisine est empirique. C’est pour ça que je dis aux gens de ne pas se décourager quand ils ne sont pas bons en partant. La cuisine, c’est de la pratique et de la répétition.

Quels ont été les plus grands défis à surmonter au cours des 15 dernières années ?

Ne pas succomber à la tentation de vouloir tout changer. Il faut apprendre à être heureux dans la routine. La cuisine est un geste routinier et répétitif. La répétition fait en sorte que ça devient un automatisme et tu peux ainsi te reposer dans le mouvement. Je vois ça un peu comme de la méditation. Il faut donc persévérer et ne pas avoir peur de la routine, car selon moi, c’est gratifiant et nécessaire pour sécuriser les gens.

Après 2000 émissions, manquez-vous parfois d’inspiration ?

Si j’étais seul, oui, mais on est six en cuisine à travailler ensemble, à se poser des questions et à se remettre en question. C’est moi qui dirige, mais j’ai cinq autres personnes qui m’aident à atteindre les objectifs, alors c’est quasiment impossible de se répéter.

Quels sont les épisodes qui vous ont le plus marqué ?

Ma plus difficile émission à vie, c’est la première fois que j’ai tourné sans que Brigitte soit à mes côtés. Elle était en chimiothérapie. J’ai braillé pendant une demi-heure avant le show. Toute l’équipe était autour de moi, silencieuse. À un moment donné, j’ai dit « ok go, on y va ! ». Je voulais avoir du fun à la télé, être souriant, parce qu’il y en a d’autres qui t’écoutent et qui ont des problèmes encore plus graves que les tiens. Pour moi, la télé n’est pas l’endroit où étaler mes états d’âme. Ricardo n’est pas une émission faite pour ça. Sinon, je me rappelle de l’émission avec Mario Dumont, qui est arrivé avec du vin. C’est la première fois où j’ai fait une émission un peu pompette.

Vous êtes une source d’inspiration pour plusieurs, mais vous, qui vous inspirent ?

Martha Stewart est une femme qui a transformé l’industrie alimentaire à la télévision, dans les magazines et les accessoires de cuisine. En fait, c’est elle qui a brandé la cuisine. Jacques Pepin m’a donné beaucoup de guts, parce que c’est un Français qui parle très mal anglais, mais ça ne l’a pas empêché d’être extrêmement populaire à la télévision américaine. Julia Child a commencé sa carrière à plus de 50 ans, et ce, jusqu’à 90 ans. Elle a changé la perception des Américains par rapport à la cuisine française. Et Daniel Pinard, j’adore sa façon de vulgariser la cuisine.

Il y a de plus en plus d’émissions de cuisine à la télévision, alors comment faites-vous pour vous démarquer?

À la base, si ton idée est de te démarquer, ça ne marchera pas. Il faut que tu sois toi-même. Je n’aurais pas pu mentir pendant 15 ans à la télévision, je pouvais juste être moi. Les gens qui me rencontrent me disent souvent qu’ils ont l’impression de me connaître, mais ce n’est pas une impression : vous me connaissez. Tous les jours, depuis 15 ans, je vous parle à la télé : je ne peux pas vous mentir.

Après les émissions de télévision en français et en anglais, les livres de recettes, les magazines, le site web, la boutique, la ligne d’accessoires de cuisine et les vins… quelle est la prochaine étape dans l’empire Ricardo ?

On est déjà au-delà de ce que je voulais faire, alors l’idée est de faire grandir ce qu’on a déjà. On va continuer à peaufiner les différents volets et essayer d’être toujours meilleurs, pour que la marque grandisse et soit de plus en plus reconnue à l’extérieur du Canada.

Quels sont vos projets les plus fous ?

Le rêve ultime, c’est que mon entreprise me survive. Mais ça, je ne le verrai jamais de mes propres yeux. C’est après ma mort que ça va se décider… Je vais donc continuer le plus longtemps possible, un jour mes enfants vont prendre la relève et pour le reste, on verra.

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