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06/03/2017 11:52 EST | Actualisé 07/03/2018 00:12 EST

Pyongyang tire des missiles, réunion de l'ONU demandée

La Corée du Nord a tiré lundi une salve de quatre missiles balistiques dans la direction du Japon, amenant Tokyo et Washington à demander une réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU.

Quatre missiles ont été tirés, dont trois ont fini leur course près du Japon qui a dénoncé une "provocation" intolérable.

Les tirs sont survenus au moment où Séoul et Washington procèdent à des exercices militaires conjoints, manoeuvres qui ne manquent jamais de provoquer la colère du régime nord-coréen doté de l'arme nucléaire.

Pyongyang a menacé ses ennemis de représailles "sans merci".

Le Nord ambitionne de mettre au point un missile intercontinental balistique (ICBM) capable de porter le feu nucléaire sur le continent américain. Le président américain Donald Trump a promis que cela ne se produirait pas.

D'après Séoul, Pyongyang a tiré quatre missiles en mer Orientale (mer du Japon). Le porte-parole du Pentagone Jeff Davis n'a pas exclu que plus de missiles aient été tirés, même si quatre seulement sont effectivement retombés.

Les engins ont parcouru un millier de kilomètres, atteignant une altitude de 260 kilomètres, a indiqué un porte-parole de l'état-major interarmées sud-coréen, jugeant improbable qu'il s'agisse d'ICBM.

Le Premier ministre japonais Shinzo Abe a déclaré que trois missiles étaient tombés en mer dans la zone économique exclusive (ZEE) du Japon, qui s'étend jusqu'à 200 milles nautiques (370 kilomètres) de ses côtes.

Si le Nord multiplie les tirs de missiles, c'est seulement la seconde fois que ses engins s'abîment dans la ZEE japonaise.

- 'Conséquences épouvantables' -

"Les tirs répétés de la Corée du Nord sont un acte de provocation pour notre sécurité", a déclaré M. Abe, parlant de "nouveau degré de menace".

L'ONU a condamné lundi ces tirs, son porte-parole Farhan Haq appelant une nouvelle fois les dirigeants nord-coréens à "éviter toute provocation et à respecter dans leur intégralité toutes leurs obligations internationales".

A Séoul, le président par intérim Hwang Kyo-Ahn a souligné que les provocations nord-coréennes représentaient "une menace immédiate et réelle".

"Considérant la brutalité et l'imprudence témoignées par les dirigeants de la Corée du Nord avec le meurtre de Kim Jong-Nam, les conséquences de la détention de l'arme nucléaire par le Nord seront épouvantables et inimaginables", a dit M. Hwang.

Séoul accuse Pyongyang d'avoir orchestré l'assassinat du demi-frère de Kim Jong-Un, empoisonné le 13 février à l'aéroport de Kuala Lumpur par un puissant agent neurotoxique.

La Malaisie a expulsé l'ambassadeur nord-coréen, qui a quitté le pays lundi. Pyongyang a répliqué en déclarant persona non grata l'ambassadeur de Malaisie en Corée du Nord.

M. Hwang a appelé au déploiement "rapide" du bouclier antimissile américain THAAD, projet annoncé l'année dernière par Séoul et Washington et qui suscite la colère de Pékin.

A Washington, le département d'Etat a dénoncé ces tirs et promis d'utiliser "toute la gamme" possible de moyens "contre cette menace croissante".

Le nouveau secrétaire d'Etat Rex Tillerson doit se rendre prochainement au Japon, en Chine et en Corée du Sud. Pyongyang "tente de faire savoir dès le début du mandat de Trump que la Corée du Nord ne sera pas malmenée par son administration", estime Kim Yong-Hyun, de l'université Dongguk.

Les résolutions de l'ONU interdisent au Nord tout programme nucléaire ou balistique. Mais six volées de sanctions n'ont pas persuadé Pyongyang d'abandonner ses ambitions militaires.

- 'Gros, gros problème' -

Il y a trois ans, l'ancien président Barack Obama avait ordonné au Pentagone de multiplier les cyber-attaques contre la Corée du Nord pour tenter de saboter ses tirs de missiles, a rapporté le New York Times ce week-end. Plusieurs tests ont échoué peu après le lancement.

Les derniers engins tirés ne sont probablement pas nouveaux, a estimé Kim Dong-Yup, analyste à l'université Kyungnam. "S'ils testaient des nouveaux missiles, ils n'en tireraient pas quatre d'un coup", a-t-il dit.

Donald Trump avait parlé de la Corée du Nord comme d'un "gros, gros problème", promettant de lui répondre "fortement".

La Corée du Sud et les Etats-Unis ont lancé mercredi dernier leurs manoeuvres militaires conjointes annuelles, perçues par Pyongyang comme la répétition générale d'une invasion de son territoire.

A peine l'exercice Foal Eagle était-il sur les rails que l'armée nord-coréenne avait menacé les forces ennemies de "contre-mesures nucléaires sans merci".

L'année dernière, le Nord avait tiré sept missiles en signe de protestation contre ces exercices.

La Chine, principal allié et protecteur diplomatique de Pyongyang, a déclaré rester opposé aux tirs de missiles mais s'est également dit préoccupé par les exercices militaires conjoints, appelant les parties "à la retenue".

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