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06/03/2017 10:01 EST | Actualisé 07/03/2018 00:12 EST

Moscou pourrait «déstabiliser» la démocratie canadienne, prévient Freeland

OTTAWA — Alors que l'ingérence russe dans l'élection présidentielle continue de faire les manchettes aux États-Unis, la ministre canadienne des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, prévient qu'Ottawa pourrait lui aussi se retrouver éventuellement dans le viseur de Moscou.

La diplomate en chef du Canada y est allée de cette mise en garde lors d'une conférence de presse dans le foyer des Communes, lundi, alors qu'elle venait d'annoncer la prolongation de la mission militaire canadienne en Ukraine.

«Ce n'est pas un secret, et les officiels américains l'ont dit publiquement, et même (la chancelière allemande) Angela Merkel l'a dit publiquement, qu'il y a eu des efforts du côté de la Russie, de déstabiliser la démocratie dans l'Ouest», a-t-elle soutenu.

«Et je pense que ça ne doit pas être une surprise si les mêmes efforts (sont déployés) contre le Canada», a enchaîné l'élue de descendance ukrainienne, qui a été déclarée persona non grata par le régime de Vladimir Poutine en mars 2014.

La ministre Freeland n'a pas précisé si elle disposait d'informations lui permettant d'offrir une telle analyse. Elle a refusé de dire si les autorités russes menaient une opération de salissage, alors que certains sites pro-russe publient des articles liant son grand-père au régime nazi.

Elle a cependant dit avoir «confiance en notre démocratie» et «confiance que nous pouvons nous tenir debout pour contrer ces efforts». Et celle qui a été chef de bureau à Moscou pour le Financial Times pendant quatre ans a insisté sur son amour de la langue et de la culture russes.

La députée torontoise a été inscrite — en même temps que d'autres politiciens fédéraux — sur une liste noire après qu'Ottawa eut annoncé des sanctions contre Moscou dans la foulée de l'annexion illégale de la Crimée par la Russie.

À ses côtés, son collègue à la Défense, Harjit Sajjan, a soutenu que la prolongation de la mission UNIFIER était un message fort que le Canada envoyait au Kremlin, pour lui signaler que «les actions de la Russie ne seront pas tolérées».

La mission de formation des Forces armées canadiennes en sol ukrainien sera prolongée jusqu'à la fin de mars 2019, a-t-il indiqué.

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