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06/03/2017 07:32 EST | Actualisé 07/03/2018 00:12 EST

La Russie devant la CIJ, accusée de "terrorisme" par l'Ukraine

L'Ukraine a demandé lundi aux juges de la Cour internationale de Justice (CIJ) de l'aider à rétablir la stabilité dans l'est de son territoire déchiré par des affrontements depuis près de trois ans, arguant que la Russie y "soutient le terrorisme" et les rebelles séparatistes.

"Aujourd'hui, je suis devant la Cour pour demander la protection des droits de l'Homme les plus essentiels du peuple ukrainien", a déclaré la vice-ministre ukrainienne des Affaires étrangères Olena Zerkal, devant les juges de la CIJ.

"Des milliers d'Ukrainiens innocents ont déjà souffert des attaques meurtrières", a-t-elle ajouté. "Aujourd'hui, je me tiens devant le monde pour demander que l'Ukraine soit protégée de la Fédération de Russie".

Les violences dans la partie orientale de l'Ukraine ont conduit à un refroidissement des relations entre Moscou et l'Occident, désormais au plus bas depuis la fin de la Guerre froide. Le conflit a fait plus de 9.600 morts depuis son déclenchement en avril 2014, un mois après l'annexion de la Crimée par la Russie.

"L'Ukraine gagnera dans cette affaire parce que nous sommes du bon côté", a déclaré Mme Zerkal lundi à la sortie du Palais de la Paix, à La Haye.

Et à travers cette démarche, Kiev est seulement à la recherche d'une "mesure de stabilité et de calme dans une situation imprévisible et dangereuse", a assuré la vice-ministre ukrainienne.

L'importante délégation russe présente sur place, quant à elle, n'a fait aucun commentaire à l'issue des trois heures d'audience, mais présentera ses arguments mardi.

- 'Effacement culturel' -

L'Ukraine demande à la CIJ de prendre d'urgence des mesures afin que la Russie mette fin "à tout appui", financier, armé ou humain, aux rebelles séparatistes, et à ce que Kiev qualifie de "discriminations" envers les minorités de la Crimée annexée par Moscou.

Cette ancienne république soviétique estime en effet que la Russie viole la convention internationale sur l'élimination de toutes les formes de discriminations raciales en soumettant systématiquement les Tatars de Crimée à de mauvais traitements et en réprimant l'expression politique et culturelle de leur identité.

"En Crimée, la Russie doit arrêter sa campagne d'effacement culturel", a lancé devant la CIJ Harold Hongju Koh, un autre représentant de l'Ukraine.

Aux yeux de Kiev, la Fédération de Russie a "défié de manière éhontée la Charte des Nations unies, en s'emparant par la force militaire" de la Crimée et en tentant ensuite de "légitimer cet acte d'agression" au moyen d'un référendum "illégal".

L'Ukraine souhaite enfin voir Moscou "réparer intégralement le préjudice causé par tout (...) acte de terrorisme que la Fédération de Russie a causé, facilité ou favorisé".

Mais les autorités russes, qui ont toujours démenti armer les rebelles, rétorquent que l'affaire est motivée "par des intérêts politiques" et dénoncent "un fort manque de volonté des institutions ukrainiennes de s'engager dans un dialogue concret" pour régler le conflit.

La Fédération de Russie nie également toute implication dans la destruction de l'avion du vol MH17 de la Malaysia Airlines, abattu par un missile dans l'est de l'Ukraine, et montre Kiev du doigt.

- Echec des négociations -

L'Ukraine a introduit à la mi-janvier sa requête auprès de la Cour, après plusieurs années passées, dit-elle, à protester contre le financement présumé par Moscou des rebelles séparatistes combattant ses forces armées.

Car, selon elle, la Russie a "largement échoué" lorsqu'il s'est agi de répondre à ses efforts en vue de rechercher un règlement du conflit.

D'autant que les rares discussions ces derniers mois entre le président ukrainien Petro Porochenko et son homologue russe Vladimir Poutine sont restées "infructueuses", a assuré jeudi la présidence ukrainienne dans un communiqué.

Lundi, M. Porochenko a salué le début des audiences, le qualifiant de "moment historique" sur sa page Facebook. "La vérité est plus forte que les armes", a-t-il ajouté.

Mais si la décision de la CIJ est contraignante et sans appel, il y a toutefois peu de chances que les procédures légales aient un impact direct sur le conflit.

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