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06/03/2017 07:04 EST | Actualisé 07/03/2018 00:12 EST

L'UE valide le financement d'un projet nucléaire hongrois avec Moscou

La Commission européenne a approuvé lundi l'aide financière apportée par la Hongrie, avec le soutien de Moscou, à la construction de deux nouveaux réacteurs nucléaires à Paks, près de Budapest, par le conglomérat nucléaire public russe Rosatom.

Ce projet de 12,5 milliards d'euros est financé à hauteur de 80%, soit 10 milliards d'euros, par un prêt de la Russie à la Hongrie, qui prend en charge les 2,5 milliards d'euros restant.

Cet investissement russe est considéré comme "une aide d'Etat", mais le gouvernement hongrois "a pris des engagements substantiels" pour "limiter les distorsions potentielles de la concurrence", explique l'exécutif européen dans un communiqué.

"Le montant de l'aide est limité et proportionné aux objectifs poursuivis", ajoute la Commission, sans jamais mentionner la Russie.

L'Autriche a vivement dénoncé le feu vert de la Commission, son ministre conservateur de l'Economie, Reinhold Mitterlehner, brandissant la menace d'une plainte devant la Cour de justice de l'UE.

Vienne "ne peut absolument pas accepter que la Commission européenne juge anodine l'octroi de subventions pour la construction de centrales nucléaires", a-t-il déclaré à la presse, soulignant que le projet "ne répond pas aux principes d'un investissement du secteur privé".

Ouvertement opposée à l'énergie nucléaire, qu'elle juge dangereuse et non rentable économiquement, l'Autriche avait porté plainte en 2015 contre les subventions prévues pour les réacteurs EPR que le français EDF doit construire à Hinkley Point, en Grande-Bretagne.

La Hongrie et la Russie avaient signé en janvier 2014 un accord controversé accordant à Rosatom la construction de ces deux nouveaux réacteurs, dits "Paks II". Le secret entourant ce contrat a été fixé à 30 ans.

Ces réacteurs sont destinés à remplacer les quatre réacteurs actuellement en fonction sur le site, construits dans les années 80 et qui assurent la moitié de la production d'électricité en Hongrie.

Le chantier doit en principe commencer en 2018 et le premier réacteur entrer en service en 2023.

La Commission européenne avait ouvert fin 2015 une enquête approfondie afin de voir si ce projet, attribué sans appel d'offres et contesté par l'opposition, était viable économiquement et conforme aux règles européennes existantes en matière de concurrence.

Le Kremlin avait récemment qualifié cette enquête de "tracasseries gratuites".

Début février, le président russe Vladimir Poutine s'était même dit "prêt à financer" la construction de ces deux réacteurs "à 100%", à l'issue d'une rencontre avec le Premier ministre Viktor Orban à Budapest.

En novembre 2016, la Commission européenne avait clôturé, sans suite, une autre procédure ouverte sur l'attribution de ce marché au groupe Rosatom.

Elle s'inquiétait qu'il ait été attribué "directement, sans procédure transparente" de mise en concurrence.

zap/phs/lpt

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