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06/03/2017 08:07 EST | Actualisé 07/03/2018 00:12 EST

France: classement d'une enquête pour agressions sexuelles contre un député

Une enquête ouverte après les révélations de huit femmes accusant un député écologiste, Denis Baupin, d'agressions et harcèlements sexuels, a été classée sans suite "pour prescription", même si certains faits auraient pu donner lieu à des poursuites, a annoncé lundi le parquet de Paris.

L'enquête avait été ouverte le 10 mai 2016 après les révélations dans des médias de quatre élues écologistes et de quatre femmes anonymes qui dénonçaient les agissements de Denis Baupin. Dans la foulée, ce dernier avait été contraint de quitter la vice-présidence de l'Assemblée nationale et le parti EELV (Europe Ecologie-Les Verts).

"Si les faits ne sont pas poursuivis, la Société, elle, a compris. Et c'est bien plus important", ont réagi les élues écologistes après le classement de l'enquête. A leurs yeux, "il y a eu un avant +l'affaire Baupin+ et il y aura surtout un après".

"Aucun parti politique ne pourra plus prétendre ignorer ce fléau quotidien qui va du sexisme ordinaire aux violences sexuelles", ont-elles insisté.

Ces quatres élues avaient décidé de briser le silence après la publication d'une photo de Denis Baupin arborant du rouge aux lèvres dans une campagne contre les violences faites aux femmes.

Leur démarche avait libéré la parole et au total 14 femmes avaient témoigné dans des médias. Mais la plupart des situations décrites étaient frappées par un délai de prescription de trois ans.

"Il apparaît que les faits dénoncés, aux termes de déclarations mesurées, constantes et corroborées par des témoignages, sont pour certains d'entre eux susceptibles d'être qualifiés pénalement. Ils sont cependant prescrits", a indiqué le procureur de la République, François Molins, dans un communiqué.

Dans les plaintes visant Denis Baupin, les seuls faits pouvant échapper à la prescription était ceux dénoncés par une députée, Isabelle Attard. Elle avait raconté un "harcèlement quasi quotidien de SMS provocateurs, salaces", de juin 2012 à fin 2013.

Denis Baupin a nié toutes ces accusations, évoquant seulement des "jeux de séduction". Par l'intermédiaire de son avocat, il a assuré lundi regretter la prescription de certains faits, qu'il a qualifié d'"entrave au rétablissement de la vérité".

Il avait conservé son siège de député mais ne briguera pas de nouveau mandat aux prochaines législatives de juin.

Ces accusations portées contre cette ex-figure du mouvement écologiste avaient relancé le débat sur le harcèlement sexuel dans le monde politique en France, après le scandale ayant impliqué l'ex-ministre socialiste et ex-dirigeant du Fonds monétaire international (FMI), Dominique Strauss-Kahn, accusé d'avoir violé une femme de chambre en 2011 à New York.

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