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06/03/2017 09:15 EST | Actualisé 07/03/2018 00:12 EST

Blocage politique et violences en RDC: l'UE menace de nouvelles sanctions

L'Union européenne a menacé lundi les forces de l'ordre et responsables politiques congolais de nouvelles sanctions si le blocage politique et les violences contre les civils en République démocratique du Congo (RDC) persistaient.

"L'UE rappelle aux responsables politiques et aux membres des forces de sécurité qu'elle est disposée à adopter de nouvelles mesures restrictives individuelles", c'est-à-dire des sanctions, écrivent les 28 ministres européens des Affaires étrangères, réunis à Bruxelles, dans un texte adopté lundi.

Ces sanctions consisteraient en un gel des avoirs et une interdiction de voyager dans l'Union.

Elles pourront être édictées "contre ceux qui seraient responsables de graves violations des droits de l'homme, inciteraient à la violence ou qui feraient obstacle à une sortie de crise consensuelle, pacifique et respectueuse de l'aspiration du peuple congolais à élire ses représentants", selon les conclusions de la réunion.

"L'UE invite la Haute représentante" pour la politique étrangère, Federica Mogherini, "à initier un travail dans ce sens", ajoutent-ils.

L'UE avait infligé en décembre des sanctions individuelles à sept hauts responsables sécuritaires du régime du président Joseph Kabila, jugés responsables de violences qui avaient fait une cinquantaine de morts en septembre 2016 à Kinshasa.

Ce lundi, les chefs de la diplomatie européens se sont montrés particulièrement préoccupés par "l'émergence de foyers de violences" dans les provinces du Kasaï et du Kongo central.

Ils ont souligné "l'urgence de la mise en oeuvre effective de l'accord" de cogestion conclu le 31 décembre sous l'égide de l'épiscopat de la RDC entre le pouvoir et l'opposition, après le maintien au pouvoir du président Joseph Kabila à la fin de son mandat et à qui la Constitution interdit de se représenter.

Cet accord censé sortir le pays de la crise est resté inappliqué et la mort à Bruxelles d'un opposant historique, Etienne Tshisekedi, est encore venu compliquer les choses.

L'UE exhorte "toutes les parties prenantes, en particulier la majorité présidentielle", à traduire cet accord en actes "afin d'aboutir aux élections avant fin 2017", selon le texte.

"La crise institutionnelle, sécuritaire et socio-économique profonde que traverse le pays ne peut être maitrisée que par une mise en oeuvre intégrale de l'accord du 31 décembre 2016 et par la constitution d'un gouvernement disposant de suffisamment de légitimité pour mener le pays aux élections. Des avancées concrètes sont impératives, en particulier la nomination urgente du Premier ministre issu du Rassemblement", insistent les 28 pays de l'UE.

Les responsables européens appellent aussi à prendre d'urgence des "mesures de décrispation" comme "la libération des prisonniers politiques, la fin immédiate des maltraitances qu'ils subissent, la fin de l'intimidation et des arrestations arbitraires des opposants et activistes citoyens, et l'arrêt de toutes les poursuites judiciaires politiquement motivées".

axr/cds/jpc

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