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06/03/2017 09:22 EST | Actualisé 07/03/2018 00:12 EST

Bahreïn cherche à dissoudre un groupe laïque d'opposition

Le ministère de la Justice à Bahreïn a engagé une procédure judiciaire pour dissoudre un groupe laïque d'opposition, quelques mois après l'interdiction du principal mouvement d'opposition chiite, a annoncé lundi l'agence officielle BNA.

Le ministère de la Justice "a engagé des poursuites judiciaires demandant la dissolution de (l'association) National Democratic Action Society (Waed), au vu des sérieuses violations du principe du respect de la loi, de son soutien au terrorisme (...) et de sa promotion d'un changement politique par la force", a précisé l'agence.

Ibrahim Charif, chef de Waed, un mouvement sunnite de gauche, a été emprisonné à plusieurs reprises. Il avait été libéré en juillet 2016 après avoir été condamné pour "incitation à la haine" contre le régime.

Le petit royaume de Bahreïn, allié de grands pays occidentaux et siège de la Ve Flotte des Etats-Unis, fait l'objet de critiques croissantes de la part d'organisations de défense des droits de l'Homme pour la politique de la poigne de fer qu'il mène contre toute forme d'opposition.

Le pouvoir sunnite, qui a réprimé en 2011 avec l'aide de l'Arabie saoudite un mouvement de contestation de la majorité chiite, accuse régulièrement l'Iran d'alimenter des troubles à Bahreïn, ce que Téhéran dément.

Des manifestations sporadiques se poursuivent dans le royaume qui a durci sa politique sécuritaire en réprimant les défilés et en emprisonnant de nombreux opposants. Les autorités affirment faire face à des groupes "terroristes".

Dimanche, Bahreïn a franchi un pas décisif vers le recours à des tribunaux militaires pour juger des civils accusés de "terrorisme" ou "ayant porté atteinte à l'intérêt public".

Un amendement constitutionnel élargissant les compétences de la justice militaire, déjà approuvé le 21 février par la Chambre des députés, a reçu le feu vert du Majlis al-Choura, un conseil consultatif dont les membres sont désignés par le roi.

Le principal mouvement d'opposition chiite, Al-Wefaq, a été dissous l'année dernière et son chef, Cheikh Ali Salmane, est emprisonné depuis 2014.

Parallèlement, Human Rights Watch a a accusé les autorités bahreïnies de harceler les membres de la famille d'un militant exilé à Londres et connu pour son franc-parler.

"Cela s'apparente à une lâche tentative de briser la volonté d'un militant en s'attaquant à sa famille", a indiqué dans un communiqué Eric Goldstein, directeur adjoint de HRW pour le Moyen-Orient, accusant les autorités de détenir des membres de la famille de Sayed al-Wadaei.

"Les autorités bahreïnies ont contraint Sayed al-Wadaei à s'exiler au Royaume Uni et comme il est une source d'irritation pour ces autorités qui ne peuvent pas l'atteindre, elles ont recours aux menaces et au harcèlement de sa femme, de son enfant et de ses proches", a dit M. Goldstein.

Selon ce communiqué, les autorités détiennent depuis le 2 mars le beau-frère et la belle-mère de Wadaei.

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