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06/03/2017 07:03 EST | Actualisé 07/03/2018 00:12 EST

Abus sexuels: appel européen à protéger les migrants mineurs

Les Etats européens doivent agir pour mieux protéger les jeunes migrants, enfants ou adolescents, des abus sexuels dont ils pourraient être victimes de passeurs ou de réseaux de prostitution, plaide le Conseil de l'Europe dans un rapport publié lundi.

Le problème est particulièrement préoccupant pour les "mineurs non accompagnés", qui parviennent en Europe seuls, a souligné le "Comité de Lanzarote", organisme du Conseil de l'Europe spécialisé dans ces questions.

"Ces jeunes sont particulièrement vulnérables. Ils sont facilement la cible de criminels", a souligné lors d'un point de presse Gioia Scappucci, l'une des responsables de ce comité. "Des passeurs leur proposent de l'aide pour continuer leur périple vers le pays où ils souhaitent se rendre, et c'est là qu'ils peuvent tomber dans la prostitution".

En Italie, de nombreuses filles arrivant d'Afrique de l'Ouest sont exploitées sexuellement pour régler leur dette envers leurs passeurs, pointe également le rapport.

Ces abus sont difficilement quantifiables, et par conséquent largement sous-évalués, estiment les auteurs: d'une part en raison de carences des autorités nationales pour les détecter, d'autre part parce que les victimes elles-mêmes évoquent rarement ce qu'elles ont subi.

"C'est déjà difficile en général pour les victimes de parler, mais ça l'est encore plus dans un contexte de migration, où les enfants peuvent avoir peur que leur témoignage les handicape dans leur parcours administratif. En outre, ils sont très méfiants envers les autorités, car dans leur pays, ils ont perdu toute confiance dans la police", a souligné Mme Scappucci.

Le recensement des cas d'abus est d'autant plus difficile qu'un très grand nombre de migrants, enregistrés dans le pays où ils déposent une demande d'asile, disparaissent ensuite des statistiques lorsqu'ils poursuivent leur voyage dans un autre pays.

Pour limiter les risques, les Etats d'accueil devraient "vérifier les liens familiaux des enfants avec les adultes qui les accompagnent" et éviter de placer les mineurs dans des structures d'accueil provisoire, telles que des gymnases ou d'anciennes casernes: "Le manque d'éclairage et la nécessité de partager les installations sanitaires et les dortoirs avec des adultes" font de ces structures des lieux particulièrement risqués, selon le rapport.

Les experts du Conseil de l'Europe préconisent également de mieux former les personnes qui viennent en aide aux migrants - y compris au sein des ONG - afin qu'elles sachent mieux repérer les signes de maltraitance, mais également de "passer au crible" leur passé afin de s'assurer qu'aucun prédateur ne se glisse parmi elles, a expliqué Mikaël Poutiers, un autre responsable du comité de Lanzarote.

"Pour beaucoup d'Etats en première ligne de la crise des migrants, la priorité est de sauver la vie des réfugiés et de les nourrir", a observé M. Poutiers. "Dans ce contexte, souvent, les abus sexuels ne sont pas une priorité pour les autorités. Il y a encore beaucoup à faire".

ab/jlc/prh

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