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05/03/2017 08:10 EST | Actualisé 06/03/2018 00:12 EST

Sahara occidental: le Polisario dit qu'il reste à Guerguerat

Le Front Polisario, mouvement indépendantiste sahraoui, a indiqué dimanche qu'il restait positionné dans une zone contestée du sud-ouest du Sahara occidental dont l'armée marocaine a récemment annoncé son retrait.

"Nous restons sur place tant que persiste la violation manifeste du cessez-le feu et de la zone tampon qui a été la source de la tension" à Guerguerat, a indiqué à l'AFP Mhamed Khadad, un membre de la direction du Polisario.

Les forces marocaines avaient annoncé fin février leur "retrait unilatéral" de la zone contestée, le long d'une route située dans un no man's land de quelques kilomètres carrés à la frontière avec la Mauritanie.

L'armée marocaine s'y était déployée en août pour goudronner une route au-delà de son mur de défense, barrière de sable qui marque la frontière du Sahara occidental sous contrôle marocain.

Mais les travaux avaient été interrompus cet hiver après des incursions de combattants du Front Polisario qui, selon des médias proches de ce mouvement, avait aussi installé une "base d'appui" dans la zone contestée, qu'il considère comme faisant partie de ses "territoires libérés".

L'ONU s'était alarmée des risques de dérapage dans ce secteur où les tensions étaient vives depuis janvier.

Un moment entravé par les combattants du Polisario, le trafic a repris normalement cette semaine sur la route, selon des sources marocaines.

Ancienne colonie espagnole, le Sahara occidental, immense étendue désertique, est en grande partie sous le contrôle du Maroc depuis 1975.

Un cessez-le-feu supervisé par une force de maintien de la paix de l'ONU (Minurso) est intervenu en 1991.

Soutenu par l'Algérie, le Polisario réclame un référendum d'autodétermination alors que Rabat propose une autonomie sous sa souveraineté.

A Guerguerat, le mouvement indépendantiste conteste l'existence même de la route en question, que le Maroc considère, lui, comme essentielle pour ses échanges avec l'Afrique subsaharienne.

"En 1991, quand la Minurso est arrivée après le cessez-le-feu, il n'y avait pas de route, ni en bitume, ni en piste", a relevé dimanche M. Khadad. "C'est simple, il n'y avait aucune brèche dans le mur" de défense, a-t-il affirmé. "Nous demandons le respect du cessez-le-feu".

En février, le "ministre de la Défense" du Front Polisario, Abdullahi Lehbib, avait affirmé à l'AFP que le mouvement indépendantiste était "en état d'alerte", "surtout à cause de la situation à Guerguerat".

amb/bpe