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05/03/2017 10:35 EST | Actualisé 05/03/2017 10:36 EST

Fillon rassemble ses partisans à Paris pour rester dans la course

Le candidat de la droite à la présidentielle, François Fillon, espère faire du rassemblement dimanche de ses partisans à Paris une démonstration de force face aux juges qui devraient prochainement l'inculper et aux membres de son parti qui veulent le pousser dehors.

Baroud d'honneur ou bras de fer ? Ce "grand rassemblement populaire" organisé non loin de la Tour Eiffel, apparaît comme l'une des dernières cartouches tirées par François Fillon pour tenter de se sortir de la nasse où l'ont plongé les emplois présumés fictifs de sa femme Penelope et de deux de ses enfants.

Inquiets de sondages donnant désormais leur ex-champion éliminé dès le premier tour, dans 49 jours, devancé par la dirigeante d'extrême droite Marine Le Pen et Emmanuel Macron, ancien ministre du président socialiste François Hollande repositionné au centre, quelque 260 élus lui ont retiré leur soutien.

Plusieurs milliers de manifestants commençaient à arriver en début d'après-midi, sous une pluie battante, certains scandant: "Fillon, tiens bon !", "On va gagner", "Fillon président".

François Fillon doit s'exprimer à 14H00 GMT, mais son épouse Penelope est sortie de son silence dans une longue interview à l'hebdomadaire Le Journal du Dimanche, dans laquelle elle a souligné la détermination de son mari à ne pas céder.

"Moi, je lui ai dit qu'il fallait continuer jusqu'au bout. Chaque jour, je lui ai dit ça" mais "c'est lui qui décidera", a-t-elle déclaré. "Il n'y a que lui qui peut être président. Être capable d'endurer ça, c'est une preuve de courage remarquable".

Revenant sur les accusations d'emplois fictifs dont elle fait l'objet, Penelope Fillon a affirmé avoir bel et bien effectué des "tâches très variées" pour son mari et en avoir fourni des preuves aux enquêteurs.

Ces derniers jours, plusieurs personnalités de son camp ont appelé François Fillon à laisser sa place à Alain Juppé, maire de Bordeaux (sud-ouest) et ancien Premier ministre.

Nettement battu par M. Fillon au second tour de la primaire de la droite et du centre en novembre dernier, M. Juppé, 71 ans, a fait savoir qu'il ne se "défilerait pas" mais à condition que "François Fillon se retire de lui-même".

Le degré de réussite de la manifestation de dimanche permettra de mesurer le soutien populaire dont dispose encore M. Fillon, qui a fêté samedi son 63e anniversaire. "J'en ai connu de meilleurs", a-t-il ironisé. Après son appartement parisien jeudi, le manoir familial dans la Sarthe (ouest) a été perquisitionné vendredi.

Compte à rebours

Coordinateur de la campagne de François Fillon, Bruno Retailleau a lâché samedi: "de deux choses l'une: il y a beaucoup de monde même si on annonce de la pluie, il y a moins de monde et j'imagine qu'en son âme et conscience, il pèsera le pour et le contre".

Le champion de la droite "joue la rue pour sauver sa candidature", estime de son côté le journal Le Monde, tandis que certains s'inquiètent d'une dérive vers une remise en cause de la justice.

Une contre-manifestation contre la corruption des élus est aussi prévue dimanche place de la République à Paris. Les organisateurs ont appelé à un concert de casseroles.

Samedi, M. Fillon, les traits tirés, a exhorté ses partisans à ne pas se laisser "intimider", devant une salle à moitié pleine en région parisienne.

Mais au sein de la droite, les défections s'enchaînent depuis l'annonce mercredi par le candidat de sa probable inculpation par la justice le 15 mars. Coupé en deux, le parti de M. Fillon, Les Républicains, va organiser lundi soir un comité politique "pour évaluer la situation".

"Ils veulent le +débrancher+, c'est la guerre", a confié à l'AFP un ancien ministre resté fidèle à M. Fillon. "Le compte à rebours a commencé", titrait dimanche le quotidien Le Parisien.

Alain Juppé et l'ancien président Nicolas Sarkozy se sont parlé samedi soir pour étudier "les sorties de crise".

71% des Français ne souhaitent pas que François Fillon maintienne sa candidature à la présidentielle, selon un sondage Ifop publié dimanche.

Le candidat socialiste Benoît Hamon a une nouvelle fois déploré que l'affaire "empêche le débat présidentiel" et de "parler des questions essentielles pour les 5-10 ans qui viennent".