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05/03/2017 02:23 EST | Actualisé 06/03/2018 00:12 EST

Dette grecque: personne ne veut une impasse, dit Tsipras

Les créanciers de la Grèce n'ont pas d'autre choix que de parvenir à un accord avec son gouvernement, a averti dimanche le Premier ministre Alexis Tsipras, soulignant que l'Europe n'avait pas besoin de plus d'instabilité.

"Personne ne veut une impasse dans les pourparlers", a déclaré M. Tsipras à l'hebdomadaire Documento.

"Un retour à l'incertitude n'est pas le choix le plus intelligent, surtout alors que l'Europe fait face à d'importants défis", a-t-il ajouté, le Brexit ayant déjà ébranlé l'UE.

Le Premier ministre de gauche a affirmé que le programme de sauvetage financier de la Grèce --le troisième depuis 2010-- s'effondrerait en cas de chute de son gouvernement.

Sauvée de la faillite au début de la décennie, la Grèce est engagée actuellement dans un troisième programme d'aide international qui a démarré à l'été 2015 et doit courir jusqu'au 20 août 2018, avec un maximum de prêts prévu de 86 milliards d'euros.

La Grèce a rouvert mardi avec ses créanciers le chantier de l'accord qu'elle doit trouver, au prix de nouvelles concessions, avec l'UE et le FMI pour rester sous perfusion financière et espérer sortir de crise.

"Une rupture des pourparlers pour mener le pays à des élections mènerait de facto à un effondrement" du plan de sauvetage financier, a averti M. Tsipras.

Il a ajouté que les créanciers n'avaient "pas d'autre choix" que de faire confiance à son gouvernement de gauche.

"Ou bien ce gouvernement réussit, ou le plan de sauvetage financier échoue", a-t-il encore dit.

Dimanche, l'hebdomadaire allemand Der Spiegel a affirmé que la Grèce et ses partenaires de l'eurozone étaient proches d'un accord.

Le Spiegel a affirmé que cela comprendrait un allègement de la dette, un objectif d'excédent primaire (hors service de la dette) moins élevé, le soutien du FMI et la reconnaissance que la dette du pays était soutenable, ainsi que des réformes immédiates qui seraient adoptées par Athènes.

Les ministres grec et allemand des Finances ont refusé de confirmer.

Depuis plusieurs mois, le Fonds exhorte la zone euro à restructurer la dette grecque pour la ramener à un niveau "soutenable", sans quoi il ne pourra pas contribuer financièrement au plan d'aide accordé par Bruxelles à Athènes à l'été 2015.

L'institution se heurte toutefois à l'opposition de plusieurs pays européens -dont l'Allemagne- qui récusent son diagnostic alarmiste sur la dette et qui refusent d'accorder un nouvel allègement à Athènes.

jph/at/cr