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05/03/2017 00:35 EST | Actualisé 06/03/2018 00:12 EST

Crimes de guerre: le Sri Lanka refuse des magistrats étrangers

Le président srilankais Maithripala Sirisena a rejeté un nouvel appel des Nations unies à autoriser des magistrats étrangers à enquêter sur les crimes de guerre présumés commis lors du conflit avec les Tigres tamouls.

"Je ne vais pas permettre que des (organisations internationales) dictent la façon de diriger mon gouvernement. Je ne vais pas écouter leurs appels à poursuivre mes soldats", a-t-il déclaré dans un discours diffusé dimanche par la présidence.

Vendredi, le Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'Homme a critiqué la "lenteur de la justice transitionnelle" face aux atrocités présumées, appelant le gouvernement à adopter une loi autorisant la mise en place d'un tribunal spécial hybride.

En 2015, le Haut Commissaire aux droits de l'Homme avait demandé au Sri Lanka d'associer des magistrats étrangers à un tribunal chargé d'enquêter sur la mort présumée de 40.000 civils tamouls, qui auraient été tués par les forces gouvernementales dans les derniers mois du conflit en 2009.

La guerre civile entre la majorité cinghalaise et la minorité tamoule a fait plus de 100.000 morts entre 1972 et 2009.

M. Sirisena avait donné son accord mais un délai de 18 mois fixé par l'ONU pour sa mise en place n'a pas été respecté.

Ses nouveaux commentaires tranchent avec la politique de réconciliation et de responsabilité qui lui avait valu initialement les louanges de la communauté internationale.

Dans son rapport sur le Sri Lanka, l'ONU a dit craindre vendredi la poursuite des exactions à l'encontre de la population.

Le Haut-Commissariat admet que des avancées ont été constatées sur les droits de l'Homme et la réforme constitutionnelle mais estime qu'"un certain nombre de violations graves des droits de l'Homme continueraient de se produire au Sri Lanka", telles que la torture et l'usage excessif de la force par la police.

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