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04/03/2017 09:44 EST | Actualisé 04/03/2017 09:44 EST

Chine: baisse de l'objectif de croissance du PIB à «environ 6,5%» en 2017

Bloomberg via Getty Images
A Chinese national flag flies in front of Tiananmen Gate in Beijing, China, on Sunday, Nov. 9, 2014. President Xi Jinping signaled China is ready to accept a lower rate of growth, assuring executives that the economy is more resilient than ever and his government can safely guide the country through any slowdown. Photographer: Tomohiro Ohsumi/Bloomberg via Getty Images

La Chine a abaissé à «environ 6,5%» son objectif de croissance économique pour 2017, selon un discours que doit prononcer dimanche le premier ministre Li Keqiang, le régime communiste ouvrant la voie à un nouveau ralentissement de l'activité cette année.

Cette prévision - dévoilée devant le parlement chinois (ANP) à l'ouverture de sa session annuelle - est scrutée de près par les analystes, en quête d'indices sur l'orientation économique du pays.

Pékin s'était fixé pour 2016 un objectif compris «entre 6,5% et 7%»: la croissance de la deuxième économie mondiale était finalement tombée à 6,7%, son plus faible score depuis 26 ans. Ce chiffre, dont la fiabilité est contestée, témoignait d'une dégradation persistante de la conjoncture.

Pour 2017, «on s'attend à ce que la croissance du PIB soit d'approximativement 6,5%, même si, en pratique, nous nous efforcerons de faire mieux», précise le discours de Li Keqiang, dont l'AFP a obtenu le texte avant qu'il ne soit prononcé.

Une performance de 6,5% serait la plus faible depuis 1990, quand l'économie chinoise s'était effondrée à la suite de l'écrasement du mouvement de la place Tiananmen en faveur de la démocratie.

Le soutien aux infrastructures sera renforcé, assure M. Li dans son discours: la Chine va ainsi investir cette année 800 milliards de yuans (156 milliards CAN) dans des projets ferroviaires et 1800 milliards de yuans (349 milliards CAN) dans la construction d'autoroutes et de voies fluviales.

Certes, le pays réduira de 50 millions de tonnes les capacités annuelles de production de l'industrie sidérurgique et de 150 millions de tonnes celles du secteur du charbon, a-t-il également ajouté.

Mais ces chiffres paraissent modestes par rapport aux objectifs du plan quinquennal en cours: Pékin s'était ainsi engagé à réduire de 800 millions de tonnes d'ici à 2020 ses capacités dans le charbon, un secteur surendetté et pâtissant de surcapacités endémiques.

Les analystes pointent pourtant le danger que représentent les bulles spéculatives - notamment dans la pierre -, l'envolée de la dette publique et privée (plus de 270% du PIB) et l'insolent essor d'une «finance de l'ombre» non régulée hors du système bancaire.

Alarmé lui aussi, le gouvernement a certes promis de mieux encadrer les marchés financiers, de contrer les «crocodiles» de la Bourse, et les grandes métropoles ont récemment imposé des restrictions dans l'espoir de maîtriser la bulle de l'immobilier - une politique qui sera étendue aux villes plus modestes, selon Li Keqiang.

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