POLITIQUE
04/03/2017 02:39 EST | Actualisé 04/03/2017 02:40 EST

Les lois sont respectées à la frontière et les ressources sont là, dit Goodale

Le ministre fédéral de la Sécurité publique, Ralph Goodale, assure que les lois sont appliquées quand vient le temps de faire face à l'afflux de demandeurs d'asile venant des États-Unis et que le gouvernement est prêt à mettre plus de ressources en place.

Le ministre Goodale visitait samedi la ville manitobaine d'Emerson, une petite municipalité frontalière qui a vu quelque 200 migrants arriver illégalement à ses portes depuis le début de l'année.

M. Goodale a remercié les politiciens locaux et les premiers répondants pour leur travail, affirmant du même souffle que le gouvernement fédéral injecte pas moins de 30 000$ pour couvrir les coûts excédentaires essuyés par le service de sécurité incendie d'Emerson. Plus d'argent sera disponible, a-t-il précisé.

"Nous devons tous travailler ensemble. Nous devons avoir une bonne communication les uns avec les autres. C'est un ensemble d'enjeux impliquant des responsabilités nationales, provinciales et locales", a-t-il devant les journalistes.

La Gendarmerie royale du Canada et l'Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) ont dépêché davantage de ressources dans les endroits névralgiques comme la région d'Emerson. L'ASFC a aussi mis à disposition un semi-remorque pour aider aux déplacements transfrontaliers.

La hausse de migrants traversant la frontière canadienne depuis les États-Unis est notamment suscitée par le décret-loi promulgué par le président américain Donald Trump en matière d'immigration qui fait l'objet d'une ordonnance judiciaire de suspension.

Des migrants entrent par des champs et des fossés pour éviter les postes frontaliers officiels, où les autorités canadiennes doivent retourner les individus ayant déjà fait une demande d'asile aux États-Unis, en vertu de l'Entente entre le Canada et les États-Unis sur les tiers pays sûrs.

Or, s'ils arrivent à entrer en territoire canadien avant d'être appréhendés par les autorités canadiennes, les migrants sont autorisés à rester au Canada et faire des démarches selon les procédures normales de demande d'asile.

La porte-parole en matière d'immigration du Parti conservateur, Michelle Rempel, exhorte le gouvernement de Justin Trudeau à accuser les migrants en question d'être entrés illégalement au pays. Le ministre Goodale répond toutefois que de telles mesures ne peuvent être menées contre des personnes qui ont des demandes d'asile en cours d'évaluation.

"Les accusations relatives au franchissement de la frontière ne peuvent être portées jusqu'à ce que la demande individuelle de la personne concernée ait été rejetée."

Le fédéral évalue par ailleurs les demandes du Québec et du Manitoba relativement à une éventuelle hausse des services de soutien aux immigrants, a dit le ministre.

Le préfet de la municipalité d'Emerson-Franklin, Greg Janzen, a quant à lui dit être satisfait du soutien apporté tant par le fédéral que le gouvernement manitobain.

"Le soutien et la communication ont été bouleversants d'une certaine façon, a-t-il déclaré. En ce moment, (M. Goodale) s'est engagé à verser 30 000$ sans fixer de limite, ce qui aidera grandement...J'ai bon espoir, en guise de bonne foi, que nos dépenses seront couvertes."