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03/03/2017 02:03 EST | Actualisé 03/03/2017 02:47 EST

Deuxième journée de témoignages au procès de Bertrand Charest

Radio-Canada/Dessin de cour

Deux autres victimes alléguées de l'ex-entraîneur national de ski Bertrand Charest ont témoigné à son procès, vendredi, au palais de justice de Saint-Jérôme. Pour une seconde journée, la manipulation et le harcèlement psychologique étaient au cœur des récits entendus.

Un texte de Geneviève Garon

Rose (nom fictif) a commencé son témoignage avec une voix tremblante et elle l'a fini en pleurs. « Il est une ordure, je l'haïs », a affirmé la femme dans la trentaine.

Rose a raconté avoir rencontré Bertrand Charest lorsqu'elle était adolescente. En tant qu'entraîneur de ski, il se serait montré cruel à son endroit. « Il me disait que j'étais terrible, que j'étais grosse », a-t-elle dit.

Charest l'aurait aussi forcée à skier malgré une grave blessure.

Comme elle admirait son entraîneur, l'ex-skieuse affirme avoir été « brisée » par ses commentaires. « Il m'a arraché tout mon amour du sport », a-t-elle résumé.

«C'était un maître de la manipulation. Il savait exactement ce qu'il faisait.» - Rose (nom fictif), victime alléguée de Bertrand Charest

Des gestes sexuels en privé

Rose soutient également que Bertrand Charest s'organisait souvent pour être seul avec une skieuse. Le but était de parler des performances en ski, mais, selon elle, le sujet déviait souvent vers la sexualité. « Il me demandait ce que j'aimais faire sexuellement avec mon petit ami », se rappelle-t-elle.

Pendant ces conversations, Rose affirme que son entraîneur lui touchait la cuisse ou mettait une main dans son dos. Elle a raconté qu'il lui avait déjà touché les seins, lors d'une partie de soccer. « Je ne pensais pas que c'était sexuel, mais maintenant je comprends », a-t-elle dit.

Un contre-interrogatoire serré

En contre-interrogatoire, l'avocat de Bertrand Charest, Antonio Cabral, a questionné la victime alléguée afin de comprendre pourquoi elle n'avait jamais parlé du comportement de l'ex-entraîneur au cours des 20 dernières années.

Devant l'insistance de l'avocat, Rose est devenue très émotive et a répondu que jusqu'à l'arrestation de Bertrand Charest, en 2015, elle croyait avoir été la seule à vivre « l'enfer » auprès de lui. « Je pensais que j'étais faible mentalement », a-t-elle dit.

Pendant toutes ces années, elle affirme avoir énormément souffert, mais craignait de ne pas être prise au sérieux.

«J'aurais presque souhaité qu'il m'ait violée pour avoir quelque chose de tangible à dénoncer.» - Rose (nom fictif)

Une troisième victime alléguée témoigne

Une autre ex-skieuse a aussi témoigné au sujet des attouchements sexuels que Bertrand Charest lui aurait fait subir.

Cindy (nom fictif) affirme que l'entraîneur avait la réputation d'être blagueur et qu'à l'époque, elle n'avait pas pris ses gestes au sérieux.

«On courait dans les escaliers et il a baissé mes pantalons. Je ne connais aucun autre entraîneur qui aurait fait ça.» - Cindy (nom fictif), autre victime alléguée de Bertrand Charest

Cindy affirme qu'une autre skieuse adolescente lui avait confié être en couple avec Bertrand Charest.

La déclaration de Bertrand Charest

Cet après-midi, le ministère public présente la vidéo de la déclaration faite par Bertrand Charest aux policiers en 2015.

Il fait face à 57 chefs d'accusation de nature sexuelle pour des faits qui se seraient produits dans les années 1990. La Couronne veut faire témoigner les 12 victimes alléguées qui étaient âgées de 12 à 19 ans à l'époque.

Jeudi, une ancienne skieuse a raconté que Bertrand Charest lui faisait régulièrement subir des attouchements sexuels et qu'ils avaient eu de nombreux rapports sexuels, alors qu'elle était âgée de 17 ans. Elle a soutenu avoir été « malade de honte ».

La défense a insisté sur le fait que l'adolescente était amoureuse de son entraîneur et qu'elle n'avait pas été forcée d'avoir des relations sexuelles.