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Bébé secoué: une garderie poursuivie pour 3,55 M$ (VIDÉO)

Une fillette de quatre ans est pratiquement aveugle et souffre de multiples handicaps après avoir été présumément secouée à la garderie. Ses parents réclament 3,55 millions de dollars en dommages aux deux personnes qui tenaient l'établissement.

Un texte de Geneviève Garon

Des petites chaises vert et rose, une maison de poupées, un chevalet... À l'intérieur de la garderie Les petits anges de LaSalle, sur la 90e Avenue, tout semble prêt pour accueillir des tout-petits. Pourtant, cela fait longtemps que les voisins n'ont pas vu d'enfants ici.

Les parents d'une fillette poursuivent Gorette Masembua, 38 ans, et Dimandja Kakesse, 39 ans, ceux qui géraient la garderie privée en milieu familial le 3 mars 2014.

Selon les documents de la poursuite civile, ce matin-là, une mère y dépose sa fille de 18 mois.

Durant l'heure du dîner, elle reçoit un coup de fil de Gorette Masembua, l'informant que l'enfant vomit « par la bouche et les narines » et qu'elle a des difficultés respiratoires. La mère conseille aussitôt de composer le 911, mais Mme Masembua refuse.

La mère communique elle-même avec les services d'urgence et se rend à la garderie. Son enfant est pâle, inconsciente, et les ambulanciers tentent de la réanimer.

Une fois la fillette transportée à l'Hôpital de Montréal pour enfants, son état est tellement grave que les médecins avisent la mère que son enfant ne survivra probablement pas. « Les tests révèlent qu'elle a subi un traumatisme craniocérébral ischémique de degré sévère et qu'elle a subi, entre autres, une hémorragie aux rétines et une hémorragie sous-durale au cerveau », résume la poursuite. Selon l'avocat des parents, les médecins ont confirmé à la mère que son enfant a été victime du syndrome du bébé secoué.

« Lorsque la fille a été conduite à la garderie, elle était en parfaite santé, affirme Me Jonathan Gottlieb. Forcément, l'événement a eu lieu à la garderie et selon les indications du médecin, le bébé a été secoué. »

Des séquelles à vie

Après un mois à l'hôpital et des années de réadaptation, l'enfant, à présent âgée de quatre ans, garde de lourdes séquelles : elle est « pratiquement aveugle et elle a aussi des difficultés pour sa coordination, sa motricité. Elle souffre aussi, malheureusement, d'un déficit intellectuel important. Ça va perdurer toute sa vie. » Nul doute selon la poursuite que cela va affecter sa réussite scolaire et ses possibilités d'emploi dans le futur, sans parler du tort à sa vie sociale.

Les parents réclament un total de 3,55 millions de dollars en « perte de capacité de gains » et en douleurs, inconvénients, perte de la jouissance de la vie, anxiété...

« Tous les rendez-vous médicaux, d'essayer d'aider leur fille à parcourir la vie... Je peux facilement dire que ce sont des parents dévoués et ils vont continuer de l'être. Mais ça reste très difficile », soutient Me Gottlieb.

Des accusations criminelles

Gorette Masembua et Dimandja Kakesse font également face à des accusations criminelles, en lien avec cette histoire.

La femme est accusée de voie de fait grave et l'homme de complicité après les faits et d'avoir entravé le travail des policiers.

Ils seront de retour devant la Cour du Québec en mai 2017 pour leur enquête préliminaire.

Lorsqu'ils ont été remis en liberté après leur comparution en mai 2014, ils se sont engagés à respecter de strictes conditions. Ils doivent se tenir loin de la famille de la victime alléguée et il leur est interdit de se trouver en situation d'autorité avec des jeunes de moins de 16 ans ou d'occuper un emploi dans une garderie.

Joint au téléphone, le père de l'enfant n'a pas voulu faire de commentaire. « Je ne connais pas tous les détails », a-t-il répondu avant de diriger toutes les questions à son avocat.

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