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26/02/2017 08:39 EST | Actualisé 27/02/2018 00:12 EST

Tournoi-2017 - Un match à trois et des doutes

L'Angleterre a frôlé une énorme désillusion dimanche à Twickenham contre l'Italie (36-15), mais a remporté sa troisième victoire dans le Tournoi des six nations, dont elle disputera le titre à l'Irlande et l'Ecosse, alors que la France et le pays de Galles sont en plein doute.

+ Vers un Ecosse-Angleterre brûlant

Pendant 70 minutes, le "Temple du rugby" a retenu son souffle, craignant l'impensable: un premier succès de l'Italie face à l'Angleterre, qui plus est à Twickenham. Un scenario inimaginable avant le match, qu'abordait le XV de la Rose fort de 16 victoires de suite, alors que les Azzurri avaient été balayés chez eux lors des deux premières journées (7-33 contre le pays de Galles puis 10-63 face à l'Irlande). Car si le XV de la Rose a finalement largement battu les Azzurri, ceux-ci n'accusaient que deux points de retard à 10 minutes de la fin (15-17), après avoir fait déjouer tactiquement les hommes d'Eddie Jones, notamment en ne disputant pas les rucks pour ensuite venir par derrière pourrir les ballons anglais.

Mais l'Angleterre s'en est finalement sortie, comme face à la France (19-16) puis au pays de Galles (21-16), et avec le point de bonus offensif. Pour conserver la tête ainsi et son objectif de réaliser un deuxième Grand Chelem de rang. Qui au passage lui permettrait de battre le record de victoires consécutives en matches internationaux des All Blacks (18).

L'invincibilité anglaise devrait cependant être mise à l'épreuve dans deux semaines face à l'Ecosse, qui a renversé le pays de Galles (29-13) pour compter deux succès comme l'Irlande, pleine de maîtrise plus tard dans la journée face à la France (19-9) avant de se déplacer au pays de Galles. Le XV du Chardon a cependant de nouveau perdu un cadre dans la bataille, le troisième ligne John Hardie, après le N.8 Josh Strauss et son capitaine et buteur Greig Laidlaw.

+ La France renvoyée à ses chères études

Les Bleus passaient eux un nouveau test à Dublin sur le chemin de leur reconstruction, persuadés qu'ils pouvaient enfin battre une nation majeure après en être passé proches contre la Nouvelle-Zélande (19-24) et l'Australie (23-25) en novembre, comme en Angleterre (16-19) en ouverture du Tournoi. Ils l'ont manqué dans les grandes largeurs, dominés de la tête et des épaules par le XV du Trèfle, qui leur a montré tout le chemin restant à accomplir pour exister au très haut niveau international. Soit principalement de la lucidité technique et tactique.

Le sélectionneur Guy Novès l'a compris et a, pour la première fois depuis sa prise de fonctions fin 2015, évoqué publiquement la nécessité d'un changement de cap: le XV de France doit "un peu faire évoluer (son) projet de jeu". Soit cesser de s'entêter à faire systématiquement des passes et ajouter à sa palette une bonne dose de pragmatisme en usant du jeu au pied de pression et d'occupation. Et ce dès le prochain rendez-vous, en Italie le 11 mars, match crucial pour au final terminer la compétition avec un bilan positif. Ce qui permettrait aux Bleus de préserver leur 8e place au classement mondial, publié lundi, et leur éviterait d'être versés dans un "groupe de la mort" lors du tirage de la Coupe du monde 2019 au Japon, le 10 mai.

+ La fierté italienne, la déception galloise

Ils peuvent donc trembler avant d'aller à Rome, vu la prestation des Italiens à Twickenham. L'enfer leur était promis, il n'en a donc rien été. Balayés à domicile lors de leurs deux premiers matches, les Azzurri ont fait preuve d'orgueil pour faire taire au moins provisoirement ceux qui réclament un barrage entre le dernier du Tournoi, c'est-à-dire eux le plus souvent, et la Géorgie.

Avec la France, l'autre déception du week-end est le pays de Galles, qui a donc concédé sa première défaite face à l'Ecosse depuis 10 ans. Et aborde la dernière ligne droite avec deux défaites au compteur pour la première fois depuis 2010. La réception du pays de Galles dans deux semaines s'annonce brûlante.

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