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26/02/2017 00:03 EST | Actualisé 26/02/2018 00:12 EST

Mort de Kim Jong-Nam: le VX a paralysé la victime, dit Kuala Lumpur

Le demi-frère du numéro un nord-coréen a succombé à une paralysie causée par un puissant agent neurotoxique, selon les résultats d'autopsie révélés dimanche par le ministre malaisien de la Santé tandis que l'aéroport de Kuala Lumpur, théâtre de son assassinat, était déclaré exempt de tout danger.

La Malaisie a révélé vendredi que le meurtre le 13 février de Kim Jong-Nam, demi-frère de Kim Jong-Un, avait été perpétré avec du VX, un agent neurotoxique classé comme arme de destruction massive, dans un scénario digne d'un roman d'espionnage.

Les résultats de l'autopsie suggèrent que la victime âgée de 45 ans a succombé à une "paralysie très grave" et est décédée dans "un très court laps de temps", a déclaré le ministre S. Subramaniam.

Deux femmes soupçonnées d'avoir administré la substance ont été placées en détention provisoire, de même qu'un Nord-Coréen. La police veut entendre sept autres Nord-Coréens -- dont un diplomate de l'ambassade de Corée du Nord à Kuala Lumpur -- mais quatre des suspects ont fui la Malaisie le jour de l'assassinat.

Sur des images de video-surveillance qui ont fuité dans les médias, on peut voir Kim Jong-Nam approché de dos par deux femmes dont l'une lui projette apparemment quelque chose au visage. La victime avait ensuite été conduite à la clinique de l'aéroport avant de succomber pendant son transfert à l'hôpital.

Les deux suspectes affirment qu'elles ont été dupées bien que la police malaisienne assure qu'elles savaient ce qu'elles faisaient.

Le VX est une version plus mortelle du gaz sarin, indolore, inodore et hautement toxique. Les agents neurotoxiques stimulent excessivement les glandes et muscles, ce qui les fatigue rapidement et attaque la respiration.

D'après M. Subramaniam, les causes de la mort sont désormais "plus ou moins confirmées".

Pendant toute la nuit, les personnels de la défense civile vêtus de combinaisons de protection blanches ont passé au crible la scène du crime. Les autorités ont ensuite déclaré n'avoir rien trouvé et que l'aéroport était sûr.

- L'enquête continue -

La police avait établi un cordon de sécurité dans une grande partie du hall des départs du terminal 2 sous les regards des curieux. "La police a bouclé trois zones: la scène de l'attaque, les toilettes où les deux suspectes se sont lavé les mains et le chemin emprunté pour aller à la clinique de l'aéroport", selon un porte-parole.

Cette opération menée près de deux semaines après l'assassinat en a surpris plus d'un.

"Je suis un peu inquiet", a déclaré à l'AFP Hariz Syafiq, étudiant de 21 ans en attendant son vol. "Pourquoi n'ont-ils pas placé l'aéroport sous quarantaine? C'est un peu étrange".

L'une des suspectes, Siti Aisyah, une Indonésienne de 25 ans, a raconté avoir reçu l'équivalent de 90 dollars pour prendre part à ce qu'elle pensait être une émission de télévision type caméra cachée, selon un haut diplomate cité par les médias. Elle pensait manipuler de "l'huile pour bébé".

Elle ne connaissait pas l'autre suspecte, selon la même source.

Doan Thi Huong, Vietnamienne de 28 ans, a raconté aux autorités vietnamiennes avoir été piégée et qu'elle pensait elle aussi participer à un vidéo gag.

La police a déclaré que l'une des suspectes était tombée malade après son arrestation, et avait été prise de vomissements.

Abdul Samah Mat, chef de la police de l'Etat de Selangor, où est situé l'aéroport, a expliqué à la presse que l'enquête se poursuivait dans un complexe résidentiel de Kuala Lumpur, en lien avec les quatre Nord-Coréens ayant fui la Malaisie le jour du meurtre.

Des prélèvements ont été effectués sur les lieux aux fins d'analyses chimiques.

L'annonce de l'emploi du VX a semé la colère en Malaisie. La Corée du Sud, qui depuis le début de cette affaire pointe un doigt accusateur sur son voisin du Nord, a dénoncé une "violation patente de la Convention sur les armes chimiques".

Jeudi, Pyongyang a rompu le silence qu'il conservait depuis l'assassinat en tirant à boulets rouges sur la Malaisie, accusée d'être responsable du décès et de comploter avec la Corée du Sud.

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