NOUVELLES
26/02/2017 17:39 EST | Actualisé 27/02/2018 00:12 EST

Mahershala Ali premier lauréat des Oscars pour "Moonlight"

La cérémonie des Oscars a démarré dimanche sur des piques visant Donald Trump et avec une statuette de meilleur second rôle pour Mahershala Ali. La comédie musicale "La La Land", grande favorite, attendait son heure.

Mahershala Ali, qui interprète un trafiquant de drogue qui se prend d'affection pour un petit garçon dans "Moonlight", a rendu hommage à ses professeurs qui lui ont appris à se mettre "au service de ces histoires, de ces personnages".

Premier acteur musulman à recevoir un Oscar, Ali, qui joue dans un autre film nommé pour plusieurs statuettes, "Les figures de l'ombre", a aussi remercié sa femme qui vient d'accoucher de leur premier enfant "il y a quatre jours".

"Moonlight", drame intimiste sur un jeune garçon noir homosexuel qui grandit dans un quartier difficile, concourt pour huit prix, dont meilleur film et réalisateur (Barry Jenkins).

En lancement de la soirée, l'animateur Jimmy Kimmel a prononcé un monologue chargé en politique: "Cette émission est regardée dans plus de 225 pays dans le monde qui maintenant nous détestent", a-t-il notamment déclaré, allusion à la politique anti-immigration du président Donald Trump.

L'Iranien Asghar Farhadi, réalisateur du "Client", une co-production française bien placée pour le prix du meilleur film en langue étrangère, boycotte notamment la cérémonie, et se fait représenter par deux scientifiques irano-américaines pour protester contre le décret migratoire - suspendu par les tribunaux - qui vise sept pays dont le sien.

Jimmy Kimmel a encouragé les spectateurs à l'unité dans le climat politique tendu actuel: "Si tout le monde pouvait prendre une minute pour contacter une personne avec qui vous êtes en désaccord, quelqu'un que vous appréciez pour avoir une conversation positive et respectueuse, (...) nous rendrions sa grandeur à l'Amérique".

- Ovation debout -

Il prenait là aussi à rebours le slogan de campagne du président républicain.

Autre pique envoyée à l'hôte de la Maison Blanche particulièrement remonté contre la presse, Kimmel a ajouté: "Nous n'avons pas de tolérance pour les fausses informations. Le faux bronzage on adore, mais pas les fausses nouvelles".

A propos d'Isabelle Huppert, l'une des favorites pour la statuette de meilleure actrice grâce à "Elle", il a plaisanté: "Nous n'avons pas vu votre film" (en français) mais "nous l'avons adoré, nous sommes heureux que l'agence de sécurité nationale vous ait laissée entrer".

Peu après le début de la cérémonie, la salle a par ailleurs rendu une ovation debout à Katherine Johnson, scientifique de la Nasa interprétée par Taraji P. Henson dans "Les figures de l'ombre", quand Mme Johnson, 98 ans, a été présentée sur la scène aux côtés des trois actrices principales du film.

En lice pour 14 trophées, "La La Land", déclaration d'amour à la cité des Anges et aux rêves de ses artistes, a déjà égalé le record de nominations de "Titanic" et "Eve" après avoir glané sept Golden Globes, ce qui était inédit.

Son auteur Damien Chazelle, prodige de 32 ans, pourrait devenir le plus jeune cinéaste sacré meilleur réalisateur.

"Je voulais faire quelque chose que nous n'avions pas vu au cinéma depuis longtemps, mais essayer de le faire d'une façon moderne, contemporaine", a-t-il expliqué à propos de sa romance douce-amère qui a enthousiasmé la critique et cartonne au box-office.

- Claquettes -

"Manchester by the sea", de Kenneth Lonergan, est un autre chouchou de la saison des prix et son interprète Casey Affleck est au coude à coude avec Denzel Washington pour le trophée de meilleur acteur.

Il interprète un homme dépressif soudainement forcé de s'occuper de son neveu. Tour à tour rageur, brisé et par moments drôle, il s'affranchit définitivement de l'ombre de son célèbre aîné Ben Affleck.

Denzel Washington, déjà seul Noir lauréat de deux Oscars, pourrait entrer dans le tout petit club des acteurs vainqueurs de trois statuettes.

Viola Davis, qui lui donne la réplique dans "Fences", adaptation d'une pièce d'August Wilson, est anticipée comme lauréate du second rôle féminin.

Quant à Emma Stone, qui fait des claquettes, chante, pleure et déploie tout son charme dans "La La Land", elle est largement en tête des paris pour la meilleure actrice.

La pétillante rousse de 28 ans aux yeux turquoises aura notamment pour rivales Natalie Portman, magistrale "Jackie" Kennedy et Isabelle Huppert pour le sulfureux "Elle".

L'Oscar est le seul trophée notable manquant à l'impressionnant palmarès de la Française, qui a déjà empoché un Golden Globe, un Spirit et un César pour son interprétation d'une femme violée qui traque son agresseur.

ved/bdx