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26/02/2017 04:13 EST | Actualisé 27/02/2018 00:12 EST

Le Sambodrome de Rio se pare de plumes et paillettes pour le carnaval

Des millions de Brésiliens ont envahi les rues pour la deuxième journée consécutive pour profiter un maximum du Carnaval, mais la fête atteindra son apothéose dimanche soir, avec le célèbre défilé des meilleures écoles de samba de Rio de Janeiro.

Costumes extravagants, percussions assourdissantes, chars monumentaux et somptueuses danseuses à peine couvertes de quelques paillettes défileront au sambodrome, une avenue de 700 mètres bordée de gradins à ciel ouvert et de loges pour VIP, créée par l'architecte Oscar Niemeyer.

Près de 70.000 de privilégiés vont se presser dans la "Passerelle de la Samba", de son vrai nom Avenue Marques de Sapucai, et des millions de téléspectateurs de tout le Brésil seront rivés sur le petit écran.

Auto-intitulé "le plus grand spectacle de la Terre", ce show multicolore est avant tout une compétition.

Qualités des costumes, des chars, harmonie du défilé, choix du thème, paroles de la chanson: chaque détail passé au crible selon des critères très stricts par un jury intraitable.

Comme au football, il y a plusieurs divisions: ceux qui aspirent à intégrer l'élite ont ouvert le bal vendredi et samedi, mais la crème de la crème, le "grupo especial (groupe spécial), défile dimanche et lundi.

La première à entrer dans le sambodrome sera Paraíso do Tuiuti, à 22H00 locales (01H00 GMT). Elle rendra hommage au mouvement tropicaliste, qui a révolutionné la chanson brésilienne à la fin des années 60, avec des monstres sacrés comme Gilberto Gil et Caetano Veloso défiant le moralisme de la dictature militaire.

- Défense des indiens -

Dans un autre registre, Ivete Sangalo, diva de la pop brésilienne teintée de rythmes de Bahia, sera le thème de l'école Grande Rio.

Chaque défilé dure 75 minutes, contre 82 l'an dernier, avec pas moins de 3.000 personnes qui déambulent avec des costumes souvent ornés de plumes, strass et paillettes, au milieu de chars. Au sommet de ces chars, les "muses" peu vêtues se trémoussent au rythme de la samba pour charmer les juges.

La Française Maryam Kaba aura un rôle différent, mais non moins important. Elle sera la figure de proue de Vila Isabel, la quatrième école à défiler.

Seule femme parmi 15 danseurs qui forment la "Comissao de frente" (premier groupe à entrer dans l'avenue, devant le plus grand char), elle ouvrira le défilé de son école avec une chorégraphie inspirée des rythmes africains.

Les Indiens d'Amazonie seront aussi représentés, avec Imperatriz Leopoldinense,qui pour a pris pour thème de son défilé la défense des tribus du Xingu, menacées par l'appétit des pontes de l'agro-business et par la construction d'une grande centrale hydraulique.

Une autre école, Sao Clemente, qui défilera lundi, a choisi pour thème la vie de Nicolas Fouquet, ancien surintendant des finances de Louis XIV accusé de détournement du trésor public.

Une référence subtile au méga-scandale de corruption Petrobras, qui secoue le Brésil depuis bientôt trois ans, avec des dizaines de dirigeants d'entreprises et d'hommes politiques de tous bords sous les verrous.

- 'Petites chemises' -

Vendredi, l'ouverture officielle du carnaval, célébrée elle-aussi au sambodrome, avait été entachée par l'absence de Marcello Crivella, pasteur évangélique fraîchement élu maire de Rio.

Il a été remplacé par son adjointe à la culture pour la remise symbolique des clés de la ville au Roi Momo, monarque obèse et jovial qui symbolise la folie d'une des plus grandes fêtes populaires de la planète.

Le défilé des écoles de samba durera jusqu'aux premières lueurs du matin, mais la fête ne se limite pas au sambodrome.

Le carnaval de rue bat son plein dans tout le pays, avec les "Blocos", cortèges musicaux qui peuvent attirer des milliers de fêtards.

À travers le pays, de Recife (nord-est) à l'Etat du Minas Gerais dans le sud-est en passant par Sao Paulo, des millions de Brésiliens ont mis entre parenthèses la grave crise économique qui les frappe de plein fouet et les scandales de corruption au sein de la classe politique.

Le ministère de la Santé avait déjà annoncé la distribution gratuite de 77 millions de "camisinhas" (littéralement "petites chemises" en portugais) dans tout le pays.

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