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26/02/2017 10:27 EST | Actualisé 27/02/2018 00:12 EST

La position de Santé Canada sur le tramadol est indéfendable, dit un chercheur

OTTAWA — L'absence d'enregistrement par Santé Canada de l'opioïde tramadol sous la Loi réglementant certaines drogues et autres substances est indéfendable, affirme un chercheur en sécurité pharmaceutique, soulignant que le ministère avait envisagé une telle action en 2007, avant d'y renoncer.

Le docteur David Juurlink, établi à l'Université de Toronto, a soutenu que l'inaction de Santé Canada a contribué à alimenter l'impression que le tramadol est en quelque sorte plus sécuritaire que d'autres opioïdes — de puissants antidouleurs aux racines d'une crise de surdoses au Canada.

Le tramadol — mis en marché une première fois au Canada en 2005 et présenté comme un «analgésique opioïde» — est un médicament seulement disponible sur ordonnance, mais M. Juurlink a fait valoir qu'il devrait aussi être identifié comme une substance réglementée pour faire prendre conscience aux professionnels que le tramadol n'est pas différent des produits comme la codéine. Il a souligné que les États-Unis avaient procédé à un tel enregistrement.

M. Juurlink a dit croire que la classification actuelle par Santé Canada induit en erreur les médecins et d'autres professionnels de la santé, et possiblement même les patients, quant à la sécurité du médicament et l'ampleur de la dépendance reliée à son usage.

Santé Canada a indiqué qu'il continuerait de surveiller l'usage du tramadol et en planifierait l'inclusion dans la Loi réglementant certaines drogues et autres substances si des éléments de preuve indiquent la nécessité d'une telle action.

Le tramadol a été examiné par le comité d'experts sur la dépendance à la drogue de l'Organisation mondiale de la santé, qui n'a pas recommandé son contrôle à l'international, a souligné le ministère par communiqué.

Néanmoins, une publication en juillet 2007 de la Gazette du Canada — source d'informations gouvernementales sur les lois et les règlements — laisse croire que le ministère était sur le point d'ajouter le produit aux substances réglementées, soulignant que des études ont montré que le tramadol pouvait entraîner la dépendance d'une manière similaire à d'autres opioïdes, comme l'oxycodone et la morphine.