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26/02/2017 07:51 EST | Actualisé 27/02/2018 00:12 EST

Kirghizstan: protestations après l'arrestation d'un leader de l'opposition

Un leader de l'opposition du Kirghizstan, accusé de corruption, a été arrêté dimanche, provoquant des manifestations de protestation à travers ce pays d'Asie centrale qui connaît un regain de tension à neuf mois de l'élection présidentielle.

Omourbek Tekebaïev, 58 ans, à la tête du parti socialiste Ata-Meken, a été arrêté à son arrivée à l'aéroport de Bichkek, la capitale, après un voyage à Istanbul, selon un communiqué du comité d'Etat pour la sécurité nationale (GKNB).

L'opposant, connu comme un ardent adversaire du président Almazbek Atambaïev, a été placé en détention provisoire pour 48 heures dans le cadre d'une enquête pour corruption et escroquerie au sein d'une compagnie de télécommunications, a précisé le comité.

Ces accusations ont été qualifiées de "montées de toutes pièces" par les partisans de l'opposant.

L'arrestation d'Omourbek Tekebaïev a provoqué une vague de protestations à travers le pays.

Un millier de personnes se sont ainsi rassemblées dans l'après-midi près du siège du comité d'Etat pour la sécurité nationale à Bichkek, scandant "Liberté pour Tekebaïev!", selon une journaliste de l'AFP.

"Cet acte des autorités a fait perdre patience au peuple", a affirmé, lors de la manifestation, un député d'Ata-Meken, Kanybek Imanaliev, qualifiant cette arrestation de "début des répressions" au Kirghizstan.

Selon lui, en une semaine, des enquêtes criminelles ont été ouvertes "sans aucun fondement" contre trois députés du parti Ata-Meken.

Plusieurs manifestations de protestation réunissant entre 20 et 250 personnes se sont également déroulées dans d'autres villes kirghizes, notamment dans le sud du pays d'où est originaire M. Tekebaïev.

"Des milliers des partisans de l'opposition en provenance de toutes les régions kirghizes sont déjà en route pour Bichkek", a affirmé Kanybek Imanaliev à l'AFP, mettant en garde contre un nouveau "coup d'Etat" au cas où les autorités refuseraient de libérer le leader d'Ata-Meken.

Une nouvelle manifestation est prévue devant le siège du GKNB lundi, a-t-il précisé.

Omourbek Tekebaïev, qui n'est pas pour le moment candidat à la présidentielle du 19 novembre, avait récemment demandé que le président sortant fasse l'objet d'une procédure de destitution.

Il avait également appelé les autorités à enquêter sur M. Atambaïev et sa famille, qu'il soupçonne de corruption.

Le Kirghizstan, république à majorité musulmane de six millions d'habitants, a vécu deux révolutions en 25 ans d'indépendance, avec la chute du chef de l'Etat en place en 2005 puis 2010, ainsi que de nombreux épisodes de violences ethniques.

Depuis l'arrivée pacifique au pouvoir de M. Atambaïev en 2011, le pays s'est rapproché de la Russie, où travaillent des centaines de milliers de ses citoyens.

La situation politique dans le pays contraste avec celle dans les ex-républiques soviétiques d'Asie centrale comme l'Ouzbékistan et le Turkménistan, où les présidents Chavkat Mirzioïev et Gourbangouly Berdymoukhamedov ont été élus avec des scores de plus de 85% face à des candidats réduits à faire de la figuration.

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