NOUVELLES
26/02/2017 15:10 EST | Actualisé 27/02/2018 00:12 EST

Clap sur les Oscars: les stars font leur show sur le tapis rouge

Isabelle Huppert, Ruth Negga, Viggo Mortensen... Les étoiles du cinéma faisaient leur entrée sur le tapis rouge dimanche à deux heures de la cérémonie des Oscars, où la comédie "La La Land" devrait triompher.

La soirée des prix les plus prestigieux du cinéma américain démarrera à 17H30 locales (01H30 GMT) au Dolby Theatre de Los Angeles.

"C'est un grand jour et ce sera une grande nuit", a déclaré la française Isabelle Huppert, l'une des favorites pour l'Oscar de la meilleure actrice grâce à sa performance dans "Elle".

Souriante, la flamboyante rousse portait une création d'Armani longue, fluide toute en strass couleur champagne.

La Britannique Felicity Jones portait également une robe champagne, mais en tulle légèrement brillante, pour une allure de ballerine.

Quant à Ruth Negga, l'Irlando-éthiopienne nommée pour le film "Loving", elle irradiait en robe Valentino rouge en décolleté de dentelle et tulle.

"Il y a des films (...) qui restent en vous", "je pense qu'elle ne me quittera jamais", a-t-elle dit de son personnage Mildred Loving, une afro-américaine qui dut aller jusqu'à la Cour suprême pour avoir le droit d'épouser son mari blanc.

En lice pour 14 trophées, "La La Land", déclaration d'amour à la cité des Anges et aux rêves de ses artistes, a déjà égalé le record de nominations de "Titanic" et "Eve" après avoir glané sept Golden Globes, ce qui était inédit.

Son auteur Damien Chazelle, prodige de 32 ans, pourrait devenir le plus jeune cinéaste sacré meilleur réalisateur.

- 'Moonlight' très en vue -

D'après Tom O'Neil, patron du site de pronostics Goldderby.com, cette romance douce-amère ne devrait toutefois pas écraser le record de 11 statuettes inscrit par "Ben-Hur", "Titanic" et "Le seigneur des anneaux: le retour du roi".

Egalement très en vue, "Moonlight", drame intimiste et bouleversant sur un jeune garçon noir homosexuel qui grandit dans un quartier difficile, concourt pour huit prix, dont meilleur film, meilleur réalisateur (Barry Jenkins) et meilleurs seconds rôles (Naomie Harris et Mahershala Ali, favori).

"Manchester by the sea", de Kenneth Lonergan, est un autre chouchou de la saison des prix et son interprète Casey Affleck est au coude à coude avec Denzel Washington pour le trophée de meilleur acteur.

Il interprète un homme dépressif soudainement forcé de s'occuper de son neveu. Tour à tour rageur, brisé et par moments drôle, il s'affranchit définitivement de l'ombre de son célèbre aîné Ben Affleck.

Denzel Washington, déjà seul Noir lauréat de deux Oscars, pourrait entrer dans le tout petit club des acteurs vainqueurs de trois statuettes.

Viola Davis, qui lui donne la réplique dans "Fences", adaptation d'une pièce d'August Wilson, est anticipée comme lauréate du second rôle féminin.

Quant à Emma Stone, qui fait des claquettes, chante, pleure et déploie tout son charme dans "La La Land", elle est largement en tête des paris pour la meilleure actrice.

La pétillante rousse de 28 ans aux yeux turquoises aura notamment pour rivales Natalie Portman, magistrale "Jackie" Kennedy et Isabelle Huppert pour le sulfureux "Elle".

L'Oscar est le seul trophée notable manquant à l'impressionnant palmarès de la Française, qui a déjà empoché un Golden Globe, un Spirit et un César pour son interprétation d'une femme violée qui traque son agresseur.

"Isabelle Huppert a de vraies chances de créer la surprise (...) à cause de son prestige, son aura internationale et son cachet artistique", estime Tom O'Neil.

- Projecteurs sur le Moyen-Orient -

Après deux années où l'Académie avait été tancée pour sa sélection d'acteurs tous blancs, six interprètes noirs sont finalistes cette année, un record, et quatre des cinq cinéastes de la catégorie documentaires sont noirs.

Cette polémique devrait céder le pas aux déclarations contre le président américain dans un Hollywood largement anti-Trump.

L'animateur Jimmy Kimmel, aux manettes dimanche pour l'une des retransmissions télévisées les plus regardées au monde, a promis un monologue inaugural chargé.

L'Iranien Asghar Farhadi, réalisateur du "Client", une co-production française bien placée pour le prix du meilleur film en langue étrangère, boycotte la cérémonie, et d'après Variety se fera représenter par deux scientifiques irano-américaines.

Une projection publique de son long-métrage a été organisée à Londres, en signe de soutien.

Deux Casques blancs syriens sujets d'un documentaire ("The White Helmets") nommé pour une statuette ne viendront finalement pas.

L'un d'eux, Khaled Khatib, a vu son passeport "annulé par le régime syrien", d'après un communiqué, et leur chef Raed Saleh a invoqué un surcroît de travail.

"Je suis heureuse d'être là et (...) de faire comprendre aux gens qu'il y a des gens qui souffrent en Syrie. Nous ne voulons pas être des réfugiés. Nous voulons rentrer chez nous", a déclaré à l'AFP Hala Kamil, sujet d'un documentaire sur les réfugiés syriens.

ved-ft/bdx