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25/02/2017 09:18 EST | Actualisé 26/02/2018 00:12 EST

Sousatzka et la rédemption de Garth Drabinsky

La première d'une comédie musicale à Toronto n'a rien de nouveau. Dans une métropole comme la nôtre, les premières du genre s'enchaînent, comme à New York. Mais la première de Sousatzka, samedi, risque de faire parler plus que toutes les autres et ça n'a rien à voir avec la musique, les interprètes ou même l'histoire. C'est plutôt à cause du producteur du spectacle.

Un commentaire de Kevin Sweet

Garth Drabinsky. Le célèbre imprésario canadien qui a passé 17 mois derrière les barreaux pour fraude fait un retour remarqué sur la scène théâtrale avec un spectacle qu’il a commencé à concevoir... en prison.

Le début de la fin

Dans les années 1990, Livent, la maison de production de Garth Drabinksy, était l’une des plus importantes en Amérique du Nord.

Phantom of the Opera, Ragtime et Kiss of the Spider Woman ne sont que quelques-uns des spectacles qu’elle a présentés à Toronto et à New York.

Mais en 2002, Garth Drabinksy et son partenaire Myron Gottlieb ont été accusés d’avoir menti au sujet des revenus de la compagnie. Garth Drabinksy a été condamné à cinq ans de prison, mais n’a purgé que 17 mois.

Il a obtenu une libération conditionnelle de jour en 2013 et ensuite une libération conditionnelle complète en 2014.

Sousatzka

Garth Drabinsky s’associe à la compagnie Teatro Proscenium pour présenter Sousatzka, une comédie musicale inspirée d’un roman de l’auteure galloise Bernice Rubens.

L’histoire d’un jeune prodige déchiré entre les volontés de sa mère et une professeure de musique ambitieuse est campée dans le Londres des années 1980, alors que Margaret Thatcher est au pouvoir. L’histoire se déplace entre Londres, l’Afrique du Sud et l’Allemagne.

« J’ai écrit ce spectacle il y a cinq ans, mais le propos est encore plus pertinent aujourd’hui », a dit Garth Drabinsky lors d’un point de presse.

L’histoire est devenue une fable pour notre époque. C’est un spectacle qui parle de racisme, d’exil et du sort des réfugiés.

Garth Drabinsky

La distribution compte 47 acteurs, dont la moitié viennent du Canada. Les autres sont Américains et Européens.

L’adaptation a été faite par Craig Lucas, récipiendaire d’un prix Tony pour The Light in the Piazza. Les paroles et la musique sont signées David Shire et Richard Maltby Jr., les compositeur et parolier de Baby et Big.

Un avenir incertain

L’avenir de Sousatzka à Broadway est incertain parce que Garth Drabinsky n’a toujours pas le droit d’entrer aux États-Unis, pour des raisons légales.

Ici au Canada, il s’est présenté, cette semaine, devant un tribunal de la Comission des valeurs mobilières de l’Ontario qui veut l’empêcher d’agir à titre de directeur général d’une nouvelle entreprise.

La Commission n’a toujours pas rendu sa décision.

Entre-temps, Garth Drabinsky se concentre sur la première de Sousatzka. Si le spectacle est un succès, ça sera peut-être le début de sa rédemption et au tour du milieu culturel... de lui pardonner.