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25/02/2017 08:00 EST | Actualisé 26/02/2018 00:12 EST

Roumanie: le gouvernement mobilise ses soutiens en province

Quelques milliers de Roumains ont manifesté samedi à Targoviste, à 80 km au nord-ouest de Bucarest, pour exprimer leur soutien au gouvernement de gauche, fragilisé par une fronde inédite depuis une tentative fin janvier d'assouplir les lois anticorruption.

Organisée par le parti social-démocrate (PSD) au pouvoir, la manifestation a rassemblé quelque 6.000 personnes, selon les médias, venues réaffirmer la légitimité du gouvernement deux mois et demi après sa large victoire aux législatives.

"On ne transige pas avec la démocratie et avec le vote du 11 décembre qui a vu notre parti réaliser un score sans appel", a déclaré le président du conseil général de cette ville de 80.000 habitants, Adrian Tutuianu, membre du PSD au pouvoir à Bucarest.

Début février, un mouvement de protestation sans précédent depuis la chute du communisme avait contraint le gouvernement de Sorin Grindeanu à abroger un décret dépénalisant certains faits de corruption, qu'il venait d'adopter.

Cette mobilisation, qui a notamment vu un demi-million de personnes manifester à travers le pays le 5 février, a principalement touché les villes. Les zones rurales défavorisées sont majoritairement acquises au PSD, qui a promis des hausses des prestations sociales.

"Le PSD est le seul parti à être proche du peuple. La hausse des salaires et des retraites, ce sont des choses concrètes", a expliqué à l'AFP Viorel Moldovan, un jeune retraité venu à la manifestation de Targoviste, où dominait la couleur rouge du PSD.

"On a gagné les élections et on doit laisser seulement les anti-gouvernement descendre dans la rue ? Nous aussi on a le droit de donner notre avis", a-t-il ajouté.

Bien que l'abrogation du décret a été formellement entérinée par le Parlement mardi, les opposants au gouvernement ont annoncé un nouveau rassemblement dimanche à Bucarest. Ils entendent illuminer un drapeau de l'Union européenne, laquelle avait exprimé sa préoccupation après l'adoption du décret. Le dernier rassemblement dominical n'avait plus mobilisé que 2.000 personnes environ dans la capitale.

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