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25/02/2017 04:53 EST | Actualisé 26/02/2018 00:12 EST

Renforcer Erdogan stabilisera la Turquie, selon le Premier ministre

Le Premier ministre turc Binali Yildirim a exhorté samedi ses concitoyens à dire "oui" à une réforme controversée qui renforcerait les pouvoirs du président Recep Tayyip Erdogan, affirmant qu'elle apporterait une "stabilité durable" à la Turquie.

"Pour une Turquie forte, une stabilité durable, notre décision est +oui+", a déclaré M. Yildirim à Ankara lors du premier meeting de campagne du Parti de la justice et du développement (AKP, au pouvoir) avant un référendum le 16 avril.

Ce jour-là, la Turquie se prononcera sur une révision constitutionnelle visant à transférer la totalité du pouvoir exécutif au président.

Selon les dirigeants turcs, la révision constitutionnelle, qui pourrait permettre à M. Erdogan de rester au pouvoir jusqu'en 2029, est nécessaire pour doter la Turquie d'un exécutif fort, capable d'affronter les défis économiques et sécuritaires.

"Le nouveau système permettra de mettre fin au terrorisme, il anéantira le terrorisme", a affirmé M. Yildirim, acclamé par des milliers de supporteurs qui agitaient des drapeaux turcs dans une salle comble, a constaté une journaliste de l'AFP.

Et dans une Turquie secouée ces derniers mois par des attentats liés à la rébellion kurdes et au groupe jihadiste Etat islamique (EI) qui ont fait des dizaines de morts, l'argument sécuritaire semble avoir un fort écho.

Venue assister au discours du Premier ministre, Ayse Cakmak a dit à l'AFP qu'elle voterait "oui" le 16 avril "pour que notre peuple puisse vivre en sécurité, dans la paix, pour que nous puissions laisser les vieux jours derrière nous".

Avec le régime présidentiel, "il n'y aura plus de coalition (gouvernementale), plus de dispute politique", espère Alper Güngör, lui aussi présent au meeting. "La Turquie pourra poursuivre son chemin", a-t-il déclaré à l'AFP.

Mais les opposants à cette réforme estiment qu'elle accorderait trop de pouvoirs au président turc, accusé de dérive autoritaire, notamment depuis le putsch manqué du 15 juillet qui a été suivi de purges d'une ampleur inédite.

Si la révision constitutionnelle était validée le 16 avril, la Turquie serait dirigée "par un seul homme armé d'un bâton", a déclaré vendredi le chef du principal parti d'opposition (CHP), Kemal Kiliçdaroglu, évoquant un "régime autoritaire".

Rompant avec la rhétorique polarisatrice du président Erdogan, M. Yildirim a adressé un message d'ouverture à l'opposition et affirmé que personne n'était obligé de voter "oui" le 16 avril.

"Chez nous, il n'y a pas de contrainte, pas d'intimidation. Ce que nous voulons, c'est un +oui+ qui vient du coeur", a assuré M. Yildirim.

Les dirigeants turcs ont été vivement critiqués après avoir fait à plusieurs reprises un parallèle entre les partisans du "non" et les putschistes de juillet et les membres d'organisations classées "terroristes".

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