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25/02/2017 02:45 EST | Actualisé 26/02/2018 00:12 EST

Renforcer Erdogan stabilisera la Turquie, selon le Premier ministre

Le Premier ministre turc Binali Yildirim a exhorté samedi ses concitoyens à dire "oui" à une réforme controversée qui renforcerait considérablement les pouvoirs du président Recep Tayyip Erdogan, affirmant qu'elle rendrait "durablement stable" la Turquie.

"Pour une Turquie forte, une stabilité durable, notre décision est +oui+. C'est notre voeu, il se réalisera", a déclaré M. Yildirim lors du premier meeting de campagne du Parti de la justice et du développement (AKP, au pouvoir) à Ankara.

La Turquie se dirige vers un référendum, le 16 avril, sur une révision constitutionnelle qui vise à transférer la totalité du pouvoir exécutif au président, ce qui renforcerait considérablement les prérogatives de M. Erdogan.

Selon les dirigeants turcs, la révision constitutionnelle, qui pourrait permettre à M. Erdogan de rester au pouvoir jusqu'en 2029, est nécessaire pour doter la Turquie d'un exécutif fort, capable d'affronter les défis économiques et sécuritaires.

"Le nouveau système permettra de mettre fin au terrorisme, il anéantira le terrorisme", a affirmé M. Yildirim, acclamé par des milliers de supporters qui agitaient des drapeaux turcs dans une salle archicomble, a constaté une journaliste de l'AFP.

Mais les opposants à cette réforme estiment qu'elle accorderait trop de pouvoirs au président turc, accusé de dérive autoritaire, notamment depuis le putsch manqué du 15 juillet qui a été suivi de purges d'une ampleur inédite.

Rompant avec la rhétorique polarisatrice du président Erdogan, M. Yildirim a adressé un message d'ouverture à l'opposition et affirmé que personne n'était obligé de voter "oui" le 16 avril.

"Chez nous, il n'y a pas de contrainte, pas d'intimidation. Ce que nous voulons, c'est un +oui+ qui vient du coeur", a assuré M. Yildirim.

Les dirigeants turcs ont été vivement critiqués après avoir fait à plusieurs reprises un parallèle entre les partisans du "non" et les putschistes de juillet et les membres d'organisations classées "terroristes".

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