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25/02/2017 00:00 EST | Actualisé 25/02/2018 00:12 EST

Philippines: manifestation après l'arrestation d'une opposante

Plus d'un millier de personnes ont manifesté samedi à Manille contre la brutale guerre à la drogue menée par le président philippin Rodrigo Duterte, au lendemain de l'arrestation de sa principale opposante.

Rassemblés devant le siège de la police nationale où la sénatrice Leila De Lima a été emprisonnée vendredi, les manifestants ont dénoncé le meurtre de milliers de personnes soupçonnées de trafic de drogue.

D'autres manifestations étaient prévues dans la journée, notamment une veillée de nuit à laquelle les organisateurs appellent "un million" de protestataires.

Mme De Lima a dénoncé une volonté de la faire taire et balayé les accusations de trafic de drogue à l'origine de son arrestation. Amnesty International a estimé qu'elle devrait être considérée comme une prisonnière d'opinion.

En 2009, alors à la tête de la commission des droits de l'homme, elle avait ouvert une enquête sur les agissement de M. Duterte à Davao, métropole du sud dont il a longtemps été le maire. Il est soupçonné d'y avoir orchestré ou toléré des escadrons de la mort qui ont visé des criminels présumés et des enfants des rues, tuant plus de 1.000 personnes.

"Nous lançons une mise en garde contre la menace de la montée du fascisme", a déclaré à l'AFP Bonifacio Ilagan devant le siège de la police. Ce dramaturge, durement torturé dans les années 1970 sous la dictature de Ferdinand Marcos renversée par la révolution du "Pouvoir du peuple" voilà 31 ans, a dénoncé "la culture de l'impunité" engendrée par la guerre contre la drogue de M. Duterte.

Depuis l'entrée en fonction de M. Duterte fin juin dernier, la police a annoncé avoir tué 2.555 suspects tandis qu'environ 4.000 autres personnes ont été abattues dans des circonstances non élucidées.

M. Duterte, qui n'a pas exclu d'utiliser l'état d'urgence pour lutter contre le trafic de drogue, a pris la décision controversée de faire enterrer Marcos (1917-1989) en novembre dernier au cimetière réservé aux héros de la Nation.

Samedi, une autre manifestation d'environ 150 personnes réclamant l'exhumation de Marcos a été bloquée par la police anti-émeutes devant la porte du cimetière, a constaté un photographe de l'AFP.

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