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25/02/2017 05:15 EST | Actualisé 26/02/2018 00:12 EST

Mort de Kim Jong-nam: la Malaisie durcit le ton à l'égard de la Corée du Nord

KUALA LUMPUR, Malaisie — La police malaisienne a annoncé samedi son intention d'arrêter un secrétaire adjoint de l'ambassade nord-coréenne si celui-ci refuse de coopérer à l'enquête sur le présumé assassinat de Kim Jong-nam.

Plus tôt cette semaine, les autorités avaient convoqué Hyong Kwang-song à un interrogatoire, tout en reconnaissant qu'elles ne pourraient l'y soumettre puisqu'il jouit de l'immunité diplomatique.

L'enquête a provoqué une brouille entre la Malaisie et la Corée du Nord, soupçonnée d'avoir orchestré le meurtre du demi-frère de son dictateur, Kim Jong-un.

Vendredi, les policiers avaient révélé que l'agent neurotoxique VX était en cause. Un ratissage de l'aéoroport est prévu dimanche, afin s'assurer qu'il n'en reste plus de traces. Aucune autre mesure de précaution n'avait été adoptée après l'incident, et des dizaines de milliers de voyageurs y ont circulé depuis.

Les experts soutiennent que le produit, interdit par un traité international, a presque assurément été conçu dans un laboratoire d'État. Or, la Corée du Nord n'a jamais ratifié ce traité et développe depuis plusieurs décennies un programme d'armes chimiques.

Exilé depuis plusieurs années, Kim Jong-nam ne posait pas une menace évidente pour son demi-frère sur le plan politique, mais aurait pu être perçu comme un éventuel rival dans la dictature dynastique de Corée du Nord.

Les enquêteurs malaisiens affirment que deux femmes ont enduit son visage du poison, qui leur avait été fourni par quatre Nord-Coréens. Pyongyang nie toute implication, sans pour autant être directement pointé du doigt.

Les deux femmes, d'originine vietnamienne et indonésienne, ont été arrêtées. Elles maintiennent avoir cru prendre part à un canular, dans le cadre d'une émission de téléréalité. L'une d'elle dit avoir touché 90 $ pour ce faire.

Ayant la viscosité de l'huile à moteur et sans odeur, le VX peut être respiré, ingéré ou absorbé par la peau. Une quantité équivalente à quelques grains de sel peut s'avérer fatale. Le poison interfère avec le système nerveux et provoquee des convulsions, la paralysie, de même que des difficultés respiratoires. Kim Jong-nam y avait pour sa part succombé en route vers l'hôpital.

La police malaisienne soutient que les suspectes se sont lavé les mains immédiatement après l'attaque, comme elles avaient été entraînées à le faire. Selon des experts, elles ont dû prendre d'autres précautions afin de survivre au contact du produit. Un antidote, l'atropine, peut par exemple être injecté après l'exposition. Le personnel médical actif en zone de guerre en est équipé.