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25/02/2017 04:51 EST | Actualisé 26/02/2018 00:12 EST

Le chef de la diplomatie saoudienne en Irak, une première depuis 2003

Le ministre saoudien des Affaires étrangères Adel al-Jubeir a eu samedi des entretiens avec les dirigeants irakiens à Bagdad, à l'occasion de la première visite d'un chef de la diplomatie d'Arabie saoudite en Irak depuis 2003.

Dans le cadre des efforts en vue de normaliser les relations entre les deux pays, le Premier ministre Haider al-Abadi a reçu M. Jubeir et sa délégation, selon un communiqué de son cabinet.

Ils ont discuté de la coopération bilatérale "notamment dans la lutte contre les bandes de Daech", a ajouté le texte en référence au groupe jihadiste Etat islamique (EI), cible d'une offensive des forces irakiennes à Mossoul, son dernier plus grand bastion en Irak.

Le ministre saoudien a également rencontré son homologue irakien Ibrahim al-Jaafari, qui a souligné dans un communiqué que la visite de M. Jubeir en Irak "est la première d'un ministre saoudien des Affaires étrangères depuis 2003".

"Cette visite est destinée à rétablir des relations stables", a souligné un haut responsable irakien.

M. Abadi, à la tête du gouvernement depuis 2014, a soutenu les efforts destinés à améliorer les relations avec Ryad.

Thamer al-Sabhan avait été en janvier 2016 le premier ambassadeur d'Arabie saoudite à Bagdad depuis la rupture par Ryad de ses relations diplomatiques avec le régime de Saddam Hussein après l'invasion irakienne du Koweït en 1990.

Mais il a été rappelé à Ryad à la demande de Bagdad huit mois plus tard après ses propos controversés sur les milices chiites paramilitaires pro-iraniennes qui soutiennent le pouvoir irakien dans sa lutte contre l'EI, accusées d'avoir chercher à l'assassiner.

A l'époque, M. Jaafari avait eu des propos particulièrement durs contre Ryad et M. Jubeir. Il lui avait dit l'"agacement" de l'Irak face à une "ingérence inacceptable".

L'Arabie saoudite sunnite n'est pas appréciée au sein de la majorité chiite en Irak où elle est souvent accusée de soutenir le groupe sunnite EI qui s'était emparé d'un tiers du territoire en 2014.

Le royaume saoudien dit soutenir la lutte anti-EI mais Bagdad estime qu'il doit faire plus pour aider à défaire le groupe jihadiste.

Malgré ses revers sur le terrain, l'EI reste capable de frapper en menant des attentats meurtriers, qui minent l'autorité du gouvernement. Plusieurs attentats avaient été commis dans la province occidentale irakienne d'Al-Anbar, qui partage des frontières poreuses avec l'Arabie saoudite, la Jordanie et la Syrie.

"Jubeir a félicité l'Irak pour ses victoires face à Daech et promis le soutien de l'Arabie saoudite dans la lutte antiterroriste", et "exprimé la volonté de son pays d'appuyer la stabilité des zones libérées" de l'EI, a affirmé le communiqué du cabinet de M. Abadi.

L'Irak a souvent souffert des rivalités entre ses grands voisins, l'Arabie saoudite, chef de file des monarchies du Golfe, et l'Iran chiite, qui se sont répercutées sur le champ de bataille irakien.

Mais le responsable irakien a assuré qu'une opportunité se présentait pour Bagdad, d'avoir des relations équilibrées avec les deux puissances régionales.

Il a souligné que malgré les pressions de la rue pour adopter une position hostile à Ryad, M. Abadi, lui-même chiite, "n'a jamais tenu de propos agressifs à l'encontre de l'Arabie saoudite".

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