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25/02/2017 00:19 EST | Actualisé 26/02/2018 00:12 EST

Attentats sanglants en Syrie, laborieuses discussions à Genève

Plusieurs attentats en Syrie ont fait des dizaines de morts vendredi et samedi, illustrant à quel point la situation reste chaotique, alors que l'ONU tente de lancer de difficiles discussions de paix à Geneve.

Deux attentats suicide ont frappé samedi des sièges de la Sécurité dans la ville syrienne de Homs contrôlée par le régime, faisant au moins 42 morts, rapporte l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Le chef des renseignements militaires de Homs a été tué dans les attaques, selon la télévision d'Etat syrienne.

Plusieurs attentats suicide meurtriers ont frappé la ville de Homs ces dernières années, en majorité revendiqués par le groupe jihadiste Etat islamique (EI).

Vendredi, un attentat-suicide revendiqué par le groupe jihadiste Etat islamique (EI) avait fait plus de 50 morts (34 civils et 17 rebelles) près d'Al-Bab, fief de l'EI dans le Nord, repris la veille par les insurgés alliés aux Turcs.

Un autre attentat contre un barrage à l'entrée d'Al-Bab a tué deux soldats turcs.

Ces attaques ne sont pas directement liées aux négociations de Genève puisque l'EI est exclu du processus intersyrien, mais elles illustrent la fragilité de toute "normalisation" dans un pays ravagé par six ans de guerre, où interviennent des acteurs multiples aux agendas différents.

Par ailleurs, une trentaine de rebelles avaient été tués jeudi dans des raids aériens du régime syrien à l'ouest de la métropole d'Alep (nord), reconquise fin décembre par les forces de Damas.

Et une famille de huit personnes, dont six enfants, a également été tuée vendredi dans des frappes aériennes dans la province de Hama (centre), conduites par l'aviation russe ou syrienne, selon l'OSDH.

Un cessez-le-feu conclu fin décembre sous les auspices de la Russie, alliée de Damas, et de la Turquie, soutien de l'opposition, est pourtant censé s'appliquer au régime et à l'opposition armée.

- Réunions sans fin -

Pendant ce temps, à Genève, l'ONU tente difficilement de lancer une quatrième session de pourparlers de paix entre le régime de Damas et l'opposition, après trois tentatives avortées en 2016.

Mais au troisième jour de ce nouveau processus, aucune discussion détaillée ne s'est encore engagée avec l'ONU, et encore moins entre les deux parties.

L'émissaire de l'ONU Staffan de Mistura a successivement rencontré vendredi les représentants du régime et de l'opposition, et il doit poursuivre ses entretiens durant le week-end. Mais aucune question de procédure - et encore moins de fond - ne semble réglée.

"Ce sera un processus long et difficile", a répété vendredi Michael Contet, assistant de M. de Mistura, lors d'un point de presse.

Quant à la question de savoir si les négociations se feraient en face à face, un format souhaité par l'ONU, elle n'est pas encore tranchée, a-t-il admis, évoquant des "difficultés".

Le médiateur de l'ONU a remis à chaque délégation un "papier" qui, selon des sources proches des négociations, mentionne les trois thèmes sur lesquels l'ONU veut engager les discussions: gouvernance, Constitution et élections.

- Quelle gouvernance ?-

Mais la gouvernance du pays pendant une période de transition est loin d'avoir le même sens pour Damas et ses alliés russe et iranien d'un côté, pour l'opposition de l'autre.

Les premiers veulent que le président syrien Bachar al-Assad reste aux manettes jusqu'à ce que le "peuple" décide de son sort par les urnes. Les seconds réclament un "organe de transition ayant tous les pouvoirs exécutifs", tel qu'il avait été prévu dans un texte international de 2012 (Communiqué de Genève).

"Nous sommes à Genève, et Bachar al-Assad depuis son palais de Damas continue à ordonner des bombardements avec des barils d'explosifs", a déclaré à l'AFP Bassma Kodmani, membre de la délégation du Haut comité des négociations (HCN, opposition).

"A partir du moment où un organe de transition est mis en place, il n'y a pas de rôle pour Assad, nous sommes très clairs là-dessus", a-t-elle répété.

A New York, les Etats-Unis, la France et le Royaume-Uni s'apprêtent à déposer un projet de résolution prévoyant des sanctions contre les auteurs d'attaques à l'arme chimique en Syrie.

Le régime de Damas et l'EI ont été mis en cause en octobre pour des attaques précises, dans un rapport de l'ONU et de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC).

Mais la Russie a déjà annoncé qu'elle mettrait son veto à un tel projet de résolution.

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