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24/02/2017 08:41 EST | Actualisé 24/02/2017 08:41 EST

Québec: les émanations de l'usine Anacolor privent des écoliers de récréation

Radio-Canada

L'école primaire Marguerite-D'Youville annule les périodes de récréation à l'extérieur pour les élèves jusqu'au retour de la semaine de relâche en raison des émanations de l'usine de peinture Anacolor dans le secteur de Cap-Rouge, à Québec.

Un texte de Louis Gagné avec les informations d’Olivier Lemieux

La décision a été prise jeudi soir lors d’une séance extraordinaire du conseil d'établissement de l’école après que de nombreux enfants se sont plaints de maux de tête, de maux de cœur et de saignements de nez.

« C’est dans la liste des symptômes que peuvent apporter les contaminants qui sont émis par Anacolor, mais on ne peut pas être certain que leurs conditions sont en lien avec ça. C’est pour ça que dans l’incertitude, on préfère appliquer le principe de précaution puis les garder à l’intérieur », a expliqué la présidente du conseil d’établissement, Marie-Ève Plamondon.

Odeur incommodante

Elle mentionne que depuis le 1er février, les élèves ont été confinés à l’intérieur à cinq reprises en raison de l’odeur incommodante provenant de l’usine ou des malaises ressentis par certains enfants.

« Ce qui est inquiétant, c’est que les gens qui sentent souvent les odeurs viennent à ne plus les sentir. Donc, on ne peut plus se fier à notre odorat pour savoir qu’est-ce qui est sécuritaire ou non pour les enfants », déplore Marie-Ève Plamondon.

Semaine de relâche

Les récréations du matin et de l’après-midi, les sorties effectuées sur l’heure du dîner ainsi que les séances à l’extérieur du service de garde ont été annulées jusqu’au retour de la semaine de relâche, le 13 mars prochain.

D’ici là, les membres du conseil d’établissement de l’école Marguerite-D'Youville espèrent qu’une solution aura été trouvée aux problèmes résultants des émissions de l’usine Anacolor. Ils fondent notamment leurs espoirs sur la rencontre prévue vendredi à Montréal entre Régis Labeaume et le ministre de l’Environnement, David Heurtel. Le maire de Québec entend lui demander de faire d’Anacolor « un cas d’exception ».

« On prend une décision à court terme parce qu’on sait qu’il y a des choses qui s’en viennent [et] on espère avoir des nouvelles dans les prochains jours ou semaines », affirme Marie-Ève Plamondon, qui rappelle que les procédures judiciaires dans le dossier Anacolor suivent également leur cours.

Rencontre d'information

La présidente du conseil d’établissement mentionne par ailleurs que les parents des élèves sont conviés à une rencontre d’information qui aura lieu dans les locaux de l’école, mardi prochain, à 16 h 30. Un représentant du directeur de la santé publique et un spécialiste en toxicité feront le point sur les émanations rejetées par l’usine de peinture et leurs répercussions sur la santé des élèves.

La décision d’annuler les périodes de récréations à l’extérieur survient alors que la direction d’Anacolor s’est engagée jeudi à être plus transparente en ce qui concerne les émissions provenant de son usine.

L’entreprise affirme respecter les normes en matière d’environnement et avoir réduit son taux d’émission de 47 % depuis 2015. Anacolor prétend que les composés volatils dégagés par son usine ne comportent aucun risque pour la santé.

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