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24/02/2017 04:31 EST | Actualisé 24/02/2017 08:58 EST

Martin Coiteux déclenche une enquête administrative visant le SPVM

Le gouvernement du Québec annonce une série de mesures additionnelles pour en savoir davantage sur les allégations de fabrication de preuve touchant le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM).

En conférence de presse à Montréal, vendredi après-midi, le ministre de la Sécurité publique du Québec, Martin Coiteux, a dit avoir agi "immédiatement" après avoir été informé de nouvelles allégations de pratiques "graves" au SPVM, jeudi soir.

M. Coiteux n'a pas révélé de détails sur ces "nouveaux éléments", mais il a signifié qu'il y avait plusieurs cas et que ceux-ci s'avéraient beaucoup plus "complexes".

Cette semaine, deux ex-policiers ont accusé des collègues d'avoir fabriqué de la preuve contre eux afin de les empêcher de dévoiler des allégations de corruption au sein du SPVM, a révélé cette semaine un reportage de TVA.

Se disant très préoccupé par la situation, M. Coiteux a annoncé que deux autres grands corps de police se joindront à la Sûreté du Québec (SQ), qui codirigera l'enquête avec la directrice du Bureau des enquêtes indépendantes (BEI), Madeleine Giauque.

L'opposition à Québec demandait au gouvernement Couillard de remettre l'entière responsabilité au BEI, mais M. Coiteux a tenu à souligner que cette "jeune" organisation avait déjà plusieurs dossiers à régler et qu'elle dispose de ressources limitées.

M. Coiteux a toutefois ouvert la porte à amender le projet de loi 107, qui porte sur le BEI, pour que des enquêtes sur "certains types d'allégations" lui soient automatiquement confiées.

"Il ne s'agit en aucun cas d'un désaveu du BEI", a-t-il assuré.

Le ministre a aussi annoncé que le SPVM fera l'objet d'une enquête administrative plus globale sur ses pratiques notamment en matière d'enquête interne. Le commissaire responsable de l'enquête sera nommé ultérieurement.

Le chef du SPVM, Philippe Pichet, devra d'ailleurs remettre prochainement un rapport au ministre pour lui dire ce qu'il prévoit faire pour faire cesser l'hémorragie dans son organisation.

Le ministre a refusé de répondre directement lorsqu'un journaliste lui a demandé de réitérer sa confiance envers M. Pichet.

"C'est important de faire la lumière. C'est important d'aller au-delà de ce que nous entendons et au-delà des allégations. Il faut aller sur place, vérifier ce qu'il se passe, après ça on tirera nos conclusions", a-t-il soutenu.

Sur son compte Twitter, Philippe Pichet a écrit qu'il offrirait "sa pleine collaboration" au commissaire que nommera le ministre Coiteux.