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23/02/2017 08:44 EST | Actualisé 24/02/2018 00:12 EST

Violences xénophobes en Afrique du sud: le Nigeria "préoccupé" pour ses ressortissants

Le Nigeria a convoqué jeudi l'ambassadeur d'Afrique du Sud pour exprimer sa "profonde préoccupation" après les récentes violences contre des immigrés dans plusieurs villes sud-africaines, réclamant des mesures de protection pour les étrangers.

Le ministre délégué aux Affaires étrangères Khadi Bukar Abba Ibrahim s'est dit "profondément préoccupé par les incidents de nature xénophobes" qui ont eu lieu à Johannesburg le 5 février, puis à Pretoria le 18 février.

Ces attaques visaient "non seulement des Nigérians, mais aussi d'autres nationalités", a-t-il ajouté dans un communiqué après sa rencontre avec le diplomate sud-africain.

"Le gouvernement fédéral exhorte le gouvernement sud-africain à prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger les vies et les biens des étrangers vivant et travaillant en Afrique du Sud" et à "traduire en justice les auteurs de ces actes de violence déplorables" dit le communiqué.

Depuis deux semaines, des dizaines de bâtiments occupés par des étrangers et soupçonnés d'abriter des maisons de passe ou du trafic de drogue ont été brûlés par des riverains en colère à Johannesburg et dans la capitale du pays Pretoria.

Les flambées de violences anti-immigrés sont fréquentes en Afrique du Sud. Le pays accueille plusieurs millions d'étrangers souvent accusés, dans un contexte de fort chômage, de voler le travail de la population locale et de nourrir la criminalité.

Ces incidents n'ont pas fait de victimes mais en représailles à ces attaques, des symboles et sièges d'entreprises sud-africains ont été vandalisés à Abuja jeudi.

Selon le président de l'Association nationale des étudiants nigérians, Aruna Kadiri, une centaine de manifestants ont "signifié leur mécontentement" dans les bureaux du géant sud-africain de la téléphonie mobile MTN, puis à Multichoice (fournisseur de télévision par satellite).

"Nous voulons qu'ils quittent notre pays", a-t-il dit à l'AFP.

"Nous sommes également allés à l'ambassade sud-africaine où nous avons brûlé leur drapeau pour transmettre le message que nous n'avons plus de relations" avec ce pays, a ajouté Aruna Kadiri.

"Tous les Sud-Africains au Nigeria doivent quitter le Nigeria dans les 48 heures ou alors nous ne serons pas en mesure de garantir leur sécurité", a-t-il menacé.

cl/jpc