NOUVELLES
23/02/2017 07:14 EST | Actualisé 24/02/2018 00:12 EST

Présidentielle à l'issue très incertaine en France

A deux mois du premier tour de la présidentielle en France, le jeune Emmanuel Macron table sur le ralliement d'un centriste vétéran de la politique, pour rebattre les cartes d'une campagne à l'issue très incertaine, marquée par la montée en puissance de l'extrême droite.

La procédure de dépôt des 500 parrainages d'élus requis pour valider chaque candidature débute ce jeudi et les jeux n'ont jamais été aussi ouverts: "J'ai l'impression qu'il est très possible qu'on y voit clair seulement le soir de l'élection!", déclare à l'AFP Philippe Braud, professeur à l'Institut d'Etudes Politiques de Paris.

Les derniers sondages, marqués par une grande indécision des électeurs, donnent M. Macron, 39 ans, au coude-à-coude avec le candidat de la droite François Fillon, pour affronter en duel, au second tour, la patronne de l'extrême droite Marine Le Pen. La popularité de cette dernière progresse lentement mais sûrement au fil des semaines.

La gauche, divisée entre le candidat socialiste Benoit Hamon et le chef de la gauche radicale Jean-Luc Melenchon ne franchirait pas la barre du premier tour prévu le 23 avril.

Autre facteur d'incertitude, la justice enquête sur François Fillon, 62 ans, et Marine Le Pen, 48 ans, pour des affaires d'emplois fictifs.

L'un et l'autre ont laissé entendre qu'ils ne comptaient pas renoncer en cas d'inculpation. Si la popularité de Marine Le Pen ne semble pas touchée jusqu'à présent par le processus judiciaire qui l'éclabousse, celle de François Fillon a subi le contre-coup du scandale suscité par les salaires d'assistants parlementaires perçus par son épouse Penelope et deux de ses enfants.

Porté par l'envie de renouveau des électeurs, Emmanuel Macron, sans mandat politique à son actif, a fédéré en quelques mois près de 200.000 soutiens au sein de son mouvement "En Marche!", positionné ni à droite ni à gauche.

- 'Déceptions' -

Sa dynamique a récemment connu un trou d'air après des déclarations polémiques sur la colonisation et sur le mariage homosexuel. Ses critiques lui reprochent aussi de ne pas avoir produit jusqu'à présent de programme politique structuré.

Malgré le succès de ses meetings, sa base électorale reste volatile: moins d'un de ses électeurs sur deux affirme que son choix est définitif, selon des sondages.

Mercredi, Emmanuel Macron a accueilli comme un "tournant dans la campagne présidentielle" une offre de soutien de François Bayrou, 65 ans, inlassable militant d'un centre indépendant et vieux routard de la politique qui a déjà participé à trois présidentielles (2002, 2007, 2012) en ne dépassant jamais le cap du premier tour.

"Il était dans une passe un peu difficile" et la période actuelle est "un moment très important pour lui et pour le changement de la vie politique française", a commenté jeudi M. Bayrou avant de rencontrer dans l'après-midi M. Macron pour concrétiser leur alliance.

"Au moment où le doute s'installe sur la capacité d'Emmanuel Macron à tenir le rang présidentiel, François Bayrou vient adouber le +petit+, dire qu'il a vu juste dans son analyse des malaises français et la montée de nouveaux clivages", analysait jeudi le journal économique Les Echos.

Tous ne partagent pas cet avis. "Va-t-il gagner plus de voix qu'il va en perdre? Ca reste à voir", souligne Philippe Braud, en rappelant que François Bayrou crystallise des oppositions à droite comme à gauche.

Selon une étude Tilder/LCI/Opinionway spécifiquement consacrée au ralliement de ce dernier, président du parti MoDem, sa décision "ne change rien" pour 72% des électeurs.

Galvanisée par le rejet de l'Union européenne illustré par le Brexit et par la politique du nouveau président américain Donald Trump, la présidente du parti Front national, qui vient d'effectuer un voyage au Liban, devait tenir dans l'après-midi une conférence de presse sur ses choix en politique étrangère.

bur-sof/prh