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22/02/2017 23:56 EST | Actualisé 23/02/2018 00:12 EST

Les forces irakiennes lancent l'assaut sur l'aéroport de Mossoul

Appuyés par des avions, des drones et des hélicoptères, les forces irakiennes se sont élancées jeudi sur l'aéroport désaffecté de Mossoul, porte d'entrée vers les quartiers occidentaux de la grande ville toujours aux mains des jihadistes.

L'assaut a été déclenché au cinquième jour de l'offensive pour finir de reprendre la totalité de Mossoul, dernier grand bastion du groupe jihadiste Etat islamique (EI) en Irak.

"Nous sommes actuellement à la périphérie sud de l'aéroport de Mossoul et de l'usine de sucre (adjacente), nos troupes sont en train d'attaquer", a indiqué Hicham Abdul Kadhem à des journalistes de l'AFP sur le terrain.

Cet homme commande le régiment Scorpion des Forces d'intervention rapide (FIR) du ministère de l'Intérieur, qui, avec la police, mène cette offensive depuis le sud.

Les combattants apparaissaient souriants et confiants en partant à bord de pick-ups de la localité d'Al-Bousseif, qui surplombe l'aéroport. Au loin, apparaissent les premiers immeubles du sud de Mossoul.

L'avancée des forces irakiennes est soutenue par des frappes aériennes de la coalition internationale dirigée par Washington. Des véhicules blindés américains circulaient également vers l'aéroport.

Le colonel John Dorrian, porte-parole de la coalition, a indiqué mercredi que des soldats américains "avaient essuyé des tirs en différentes occasions". "Ils ont riposté en différentes occasions, dans et autour de Mossoul", a-t-il dit, sans vouloir préciser s'il y avait eu des blessés.

Les forces irakiennes contrôlent les parties sud et ouest de l'aéroport, a précisé le commandant Kadhem, en indiquant que des démineurs avaient commencé à désamorcer les engins explosifs laissés par les jihadistes.

Le commandement régional, qui coordonne l'opération, a également annoncé que les forces d'élite du contre-terrorisme avaient pénétré sur la base militaire voisine de Ghazlani, où des soldats étaient stationnés avant que l'EI ne s'empare de la ville en juin 2014.

- Civils en danger -

La reprise de l'aéroport va ouvrir la voie à un assaut sur la périphérie sud-ouest de Mossoul, à proximité des rives du Tigre, le fleuve qui coupe la ville en deux.

Le nombre exact de jihadistes présents sur l'aéroport n'est pas connu mais des images satellites ont montré qu'ils avaient endommagé la piste.

Selon des responsables américains du renseignement, quelque 2.000 combattants de l'EI restent toujours retranchés dans Mossoul. Leur nombre était estimé à entre 5.000 et 7.000 avant le début de l'offensive sur la ville le 17 octobre.

Cette nouvelle avancée intervient un mois tout juste après la reprise de la partie orientale de la ville, où la sécurité reste précaire, plusieurs attentats ayant frappé des zones "libérées".

Ces derniers jours, les forces irakiennes avaient consolidé leurs positions et repris plusieurs zones autour de Mossoul, permettant à des centaines de civils de fuir leurs villages.

Alors que la bataille s'annonce comme l'une des plus meurtrières de la guerre anti-EI, l'ONU et les ONG s'inquiètent pour les quelque 750.000 habitants de Mossoul-ouest, dont près de la moitié sont des enfants. Leurs conditions de vie sont de plus en plus précaires dans cette zone désormais coupée de l'extérieur et privée d'approvisionnement.

Selon des sources médicales et des habitants s'exprimant de Mossoul-ouest sous le couvert de l'anonymat, les plus faibles commencent à mourir de malnutrition et du manque de médicaments.

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