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23/02/2017 00:51 EST | Actualisé 24/02/2018 00:12 EST

Israël: la Cour suprême vire à droite

La Cour suprême israélienne, institution appelée à trancher des questions touchant à la société, l'économie ou le conflit israélo-palestinien, a pris un virage à droite avec la nomination de nouveaux juges considérés comme conservateurs.

La ministre de la Justice Ayelet Shaked, membre du parti nationaliste religieux Foyer juif, a annoncé mercredi soir l'élection de quatre nouveaux juges voués à remplacer graduellement ceux qui partiront à la retraite dans les prochains mois. Ils ont été choisis par un comité de sélection.

Trois au moins de ces nouveaux venus sont présentés comme très conservateurs.

Deux sont des juifs religieux: l'une sera la première femme juive orthodoxe à occuper un tel poste, l'autre est un rabbin habitant la colonie de Dolev, en Cisjordanie occupée.

Les commentateurs voient dans la composition de la Cour suprême composée de 15 juges une évolution potentiellement lourde de conséquences. C'est un "changement radical" pour cette instance qui devient "plus conservatrice, plus religieuse, plus à droite", selon le quotidien populaire Yedioth Ahronoth.

La Cour suprême a souvent agi en contre-pouvoir aux gouvernements. Son rôle prééminent a été récemment rappelé lorsqu'elle a ordonné la démolition de la colonie d'Amona en Cisjordanie, territoire palestinien occupé par Israël, en dépit de l'intense lobbying des partisans de la colonisation.

La Cour devrait être appelée à l'avenir à statuer sur la régularité d'une loi controversée soutenue par le même lobby et autorisant l'Etat à s'approprier des centaines d'hectares de terres privées palestiniennes en Cisjordanie.

Des décisions comme celle d'Amona indigne une partie de la droite, prompte à dénoncer la Cour suprême comme un repaire de libéraux. Mme Shaked, ministre de la Justice du gouvernement considéré comme le plus à droite de l'histoire d'Israël, avait exprimé son intention d'en finir avec l'orientation d'une cour déconnectée selon elle de la volonté du peuple.

La Cour suprême agit à la fois en tant qu'instance ultime pour le pénal et le civil, et que garante de la constitutionnalité des lois et de la conformité des décisions gouvernementales. Elle a pris ces dernières années de lourdes décisions sur le service militaire des juifs ultra-orthodoxes, l'immigration ou encore l'exploitation des réserves de gaz israéliennes en Méditerranée.

dms/lal/jri