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23/02/2017 10:42 EST | Actualisé 24/02/2018 00:12 EST

Heurts lors de manifestations à Paris contre les violences policières

Des heurts avec les forces de l'ordre ont eu lieu jeudi à Paris lors d'un rassemblement de plusieurs centaines de jeunes contre les violences policières, alors que les autorités ont appelé au calme.

Quelques 800 à 1.000 jeunes, selon la police, s'étaient réunis place de la Nation, dans l'est de Paris, réclamant "vengeance pour Théo", en référence à l'interpellation brutale d'un jeune Noir de 22 ans, début février à Aulnay-sous-Bois, en banlieue parisienne, qui a débouché sur l'inculpation d'un policier soupçonné de viol au moyen d'une matraque.

L'affaire, qui a eu un grand retentissement politique, avait déclenché plusieurs nuits de violences à Paris et en banlieue.

"Il y a trop de bavures policières. La police a des manières de faire, de contrôler, qu'on n'aime pas. Et là, c'est la goutte d'eau", expliquait jeudi Kitem, élève en seconde venu manifester à l'appel de mouvements antifascistes.

Les jeunes, dont certains étaient cagoulés, ont saccagé plusieurs voitures et distributeurs de billets, a constaté une journaliste de l'AFP.

Des manifestants ont tenté de forcer les barrages des policiers, qui ont riposté par des tirs de gaz lacrymogènes, certains jeunes leur lançant des pavés.

Selon la police, 28 personnes ont été arrêtées et placées en garde à vue en marge de la manifestation, mais aussi pour des dégradations devant des lycées.

Après le ministre de l'Intérieur Bruno Le Roux, la ministre de l'Education Najat Vallaud-Belkacem a lancé un "appel au calme". "Il y a une émotion bien compréhensible dans la jeunesse à l'égard de l'affaire Théo, mais il faut laisser la justice travailler", a-t-elle dit, tout en promettant "la plus grande fermeté" contre "les débordements".

De son côté, la candidate de l'extrême droite Marine Le Pen, en tête des sondages pour la présidentielle d'avril-mai, a affirmé que ces "manifestations illégales et violentes" devaient cesser. "La France ne peut pas vivre perpétuellement dans la chienlit", a-t-elle souligné sur Twitter.

Seize lycées ont été bloqués pendant une partie de la journée dans la capitale française. Des poubelles ont été entassées devant l'entrée de plusieurs établissements, et plusieurs d'entre elles incendiées, entraînant l'intervention des pompiers.

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