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23/02/2017 02:14 EST | Actualisé 24/02/2018 00:12 EST

GB: deux législatives partielles aux allures de test pour le Labour

Le parti travailliste livrait bataille jeudi pour éviter une défaite lors de deux élections partielles organisées dans ses fiefs du centre et du nord de l'Angleterre menacés par le parti europhobe Ukip et les conservateurs au pouvoir.

Les scrutins ont lieu à Copeland, région rurale de la côte nord-ouest, et Stoke-on-Trent, une ville du centre souvent présentée comme la capitale du Brexit.

Le maintien de ces deux circonscriptions dans le giron du Labour permettrait au principal parti d'opposition au gouvernement de Theresa May de prouver qu'il continue à peser dans les anciens territoires ouvriers largement acquis à la cause du Brexit.

Une victoire permettrait également au leader du Labour Jeremy Corbyn, en délicatesse avec une partie de l'appareil du parti, d'éviter une énième crise politique en interne.

De son côté, l'Ukip espère bien décrocher son deuxième siège de député et récolter les fruits de sa nouvelle stratégie consistant à se proclamer le "vrai parti du peuple".

Et Stoke-on-Trent a tout du candidat idéal: lors du référendum du 23 juin, cette ville de 250.000 habitants a voté à 69,4% pour sortir du Royaume-Uni, un record parmi les 30 plus grandes villes du pays.

Signe de l'enjeu, c'est le leader de l'Ukip lui-même, Paul Nuttall, qui a été dépêché sur place pour tenter de battre le candidat travailliste, Gareth Snell.

M. Nuttall, 40 ans, qui a pris en novembre la succession de Nigel Farage à la tête de Ukip, joue donc lui aussi une grande partie de sa crédibilité sur cette élection.

"J'avais promis de mettre les mains dans le cambouis et ceci était la première opportunité", a-t-il expliqué à l'AFP.

Lors des législatives en 2015, l'Ukip, malgré 13% des voix, n'avait gagné qu'un seul des 650 sièges parlementaires, grâce à Douglas Carswell à Clacton (sud-est).

A Stoke, le candidat Ukip avait terminé loin derrière son rival travailliste (23% contre 39%) lors d'un scrutin marqué avant tout par une très forte abstention. Mais c'était avant le Brexit.

"On assiste à l'une des élections partielles les plus importantes de l'histoire politique britannique. Pour les deux partis, la même question se pose: s'ils perdent ici, où pourront-ils prétendre gagner?", résume Mick Temple, professeur de sciences politiques à l'université du Staffordshire

A Copeland, le Labour doit composer avec un parti conservateur qui a patiemment renforcé son assise locale au fil des années.

Les deux élections se joueront "sur le fil du rasoir", a reconnu un responsable du Labour, interrogé par l'AFP.

Les résultats devraient être connus dans la nuit de jeudi à vendredi.

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