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23/02/2017 10:33 EST | Actualisé 24/02/2018 00:12 EST

France: la candidate d'extrême droite veut "en finir" avec l'UE

La candidate de l'extrême droite à la présidence française, Marine Le Pen, en tête des sondages, a martelé jeudi qu'il était "temps d'en finir avec l'Union européenne", lors d'une conférence destinée à préciser sa vision internationale.

"En Europe aussi, il est temps d'en finir avec une UE dans une tentation de fusion qui détruit l'Europe des nations", a lancé Mme Le Pen.

La présidente du Front national s'exprimait à Paris devant de nombreux journalistes et des représentants de 42 pays étrangers, dont les ambassadeurs de Taïwan, Cambodge, Cuba, Arabie Saoudite, Albanie et Vietnam, ainsi que des diplomates chinois et américain, selon le parti.

"Il faut en finir avec ce monstre bureaucratique", a encore dit Mme Le Pen, qui vilipende de longue date une Union européenne qu'elle a qualifié de "totalitaire".

"L'Union diminue la France, elle la sépare du monde (...) Je me réjouis de la renaissance des peuples européens contre l'Union, pour l'Europe" en tant que continent, a-t-elle aussi relevé, en référence notamment au Brexit de juin 2016.

"Nous bâtirons une autre Europe", a-t-elle promis, s'engageant si elle est élue à "remettre à plat les traités européens et engager résolument la France dans la construction d'une Europe des nations libres".

Mme Le Pen a commencé sa conférence en disant vouloir regarder le monde et la France "tels qu'ils sont et non pas tels que je voudrais qu'ils soient", et engager "la France au service d'un monde multipolaire".

Elle a dénoncé l'"aventurisme stratégique des Etats-Unis" et salué le "réalisme et la volonté de changement" du nouveau président américain Donald Trump.

La Russie est un "élément décisif de l'équilibre des forces qui peut pacifier la mondialisation", selon elle.

Mme Le Pen veut aussi "rompre avec les relations condescendantes et les discours moralisateurs" concernant l'Afrique: "la non-ingérence ne signifie pas pour autant l'indifférence".

Réaffirmant sa volonté de protéger avant tout "l'intérêt national", elle a dénoncé la prééminence des institutions internationales, les "menaces" des grands mouvements d'immigration, les négociations pour l'adhésion européenne de la Turquie et le traité de libre échange UE/Canada.

Lundi, le président du Liban Michel Aoun a été le premier chef d'Etat étranger à recevoir Mme Le Pen, qui cherche à gagner en crédibilité à l'international. Sa visite dans ce pays avait été marquée par son refus de porter le voile islamique alors qu'elle devait rencontrer la plus haute autorité sunnite du pays.

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