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23/02/2017 11:47 EST | Actualisé 24/02/2018 00:12 EST

Banque du Vatican: prison avec sursis pour deux ex-dirigeants

Deux anciens hauts dirigeants de la banque du Vatican (IOR) ont été condamnés jeudi à quatre mois et dix jours de prison avec sursis pour violation des normes antiblanchiment dans des transactions remontant à 2010.

Le parquet avait requis un an de réclusion pour l'ancien directeur-général Paolo Cipriani et dix mois pour son ex-adjoint Massimo Tulli, qui ont paru soulagés jeudi à leur sortie du tribunal de Rome.

Ils avaient été limogés de leurs postes en 2013, un an après le départ avec fracas du président de la banque.

L'enquête avait démarré fin 2010 avec la spectaculaire mise sous séquestre de 23 millions d'euros appartenant officiellement à l'IOR, après des mouvements suspects vers l'Italie et l'Allemagne.

L'argent avait été transféré par la banque du Vatican vers l'organisme de crédit italien Credito Artigiano, puis trois millions d'euros avaient été reversés à Banca del Fucino et 20 millions à JP Morgan Frankfurt.

MM. Cipriani et Tulli ont finalement été condamnés jeudi pour avoir enfreint les normes en matière de blanchiment, en ne fournissant pas certaines informations à JP Morgan.

En revanche, ils n'ont pas été reconnus coupables d'irrégularités lors de l'énorme transfert de 23 millions d'euros, qui avait déclenché l'enquête.

Le procureur Stefano Rocco Fava avait souligné, au cours de ses réquisitions en janvier, que la banque du Vatican avait été perçue historiquement "comme un lieu pour cacher de l'argent de provenance illicite", car l'IOR ne fournissait pas d'informations précises aux banques italiennes avec lesquelles il travaillait.

L'Institut pour les oeuvres de religion (IOR, dénomination officielle de la banque) a depuis lors sévèrement réglementé ses activités pour les mettre aux normes internationales de lutte contre le blanchiment d'argent, sous l'impulsion du pape émérite Benoît XVI puis du pape François.

La banque a fait le ménage en fermant 5.000 comptes, repérés par l'Autorité d'information financière (AIF) du Saint-Siège créée en 2010 par Benoît XVI.

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