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23/02/2017 06:37 EST | Actualisé 24/02/2018 00:12 EST

Albanie: l'opposition boycotte les travaux du parlement

L'opposition de droite a décidé jeudi de boycotter les travaux du Parlement et de poursuivre ses manifestations pour obtenir la démission du Premier ministre Edi Rama à quelques mois des législatives convoquées pour le 18 juin.

L'opposition ne se rendra au Parlement que pour "voter la mise en place d'un gouvernement technique chargé d'organiser des élections libres et honnêtes", a expliqué le chef du Parti démocratique Lulëzim Basha à ses nombreux partisans, qui manifestent depuis samedi dans le centre de Tirana contre le gouvernement de M. Rama.

Cette décision de l'opposition de boycotter les travaux du Parlement, en dépit des appels de la communauté internationale, signifie le blocage de la mise en place d'une réforme judiciaire, considérée comme une étape cruciale pour l'ouverture des négociations d'adhésion à l'UE. Tirana espère une telle ouverture d'ici la fin de l'année.

L'Albanie est membre de l'Otan depuis 2009 et a obtenu en 2014 le statut de candidat à l'adhésion à l'Union européenne.

Le Parlement a adopté fin juillet à l'unanimité une vaste réforme de la justice prévoyant de renforcer la lutte contre la corruption et le crime organisé. Cette réforme prévoit que des nominations dans différentes instances recoivent, avant le vote parlementaire, l'aval d'une commission composée de membres de l'opposition et de la majorité. Autrement dit, la présence de l'opposition est nécessaire pour que la réforme puisse aller de l'avant.

"Je regrette le boycott de l'opposition, le débat politique doit avoir lieu au Parlement et non pas en dehors de cette institution. Le Parlement doit continuer à fonctionner en ce moment très important pour la réforme de la justice et du système électoral", a déclaré dans un communiqué diffusé à Tirana le commissaire européen à l'Elargissement, Johannes Hahn.

Le Premier ministre Edi Rama avait, de son côté, proposé à l'opposition d'envoyer ses représentants au Parlement de manière à assurer l'adoption des décisions liées à la réforme de la justice, tout en poursuivant son mouvement de manifestation exigeant sa démission et la création d'un gouvernement technique chargé de préparer le scrutin du 18 juin.

"Nos revendications ne sont pas négociables", a rétorqué M. Basha, selon lequel la démission du gouvernement est la condition pour organiser des élections honnêtes et appliquer la réforme judiciaire.

L'UE, mais aussi les Etats-Unis ont dépêché début février des experts en Albanie, chargés d'aider leurs collègues albanais à mettre en oeuvre la réforme du système judiciaire.

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