POLITIQUE
22/02/2017 12:48 EST

Accès au crédit d'impôt pour aînés: Québec élimine son projet controversé (VIDÉO)

De guerre lasse, incapable de venir à bout de la controverse, le ministre des Finances, Carlos Leitao, a annoncé mercredi qu'il renonçait à son projet de reporter l'âge requis pour avoir accès au crédit d'impôt destiné aux personnes âgées.

Les partis d'opposition et les groupes de défense des aînés et des retraités dénonçaient depuis des jours le fait que le changement fiscal décrété par Québec allait priver de 500 $ les aînés parmi les moins nantis de la société.

Interpellés par les aînés en colère de leur circonscription, les députés libéraux ont intercédé eux aussi auprès du ministre, craignant que la grogne ne prenne de l'ampleur.

L'inquiétude ambiante a donc eu raison du ministre Leitao, qui persiste tout de même à dire que l'idée à la base était bonne, mais qu'elle ne passait tout simplement pas dans la population.

Il recule donc sur toute la ligne, éliminant cette mesure susceptible de nuire à l'image et à la popularité du gouvernement.

La mesure, inscrite dans le budget 2015 du gouvernement et destinée à inciter les travailleurs expérimentés à reporter l'âge de la retraite, stipulait que l'âge requis pour réclamer ce crédit d'impôt devait passer de 65 à 66 ans dès l'année d'imposition 2016. Par la suite, le crédit d'impôt aux aînés aurait été réservé aux 70 ans et plus, à compter de 2020.

Québec se privera ainsi de 273 millions $ au cours des quatre prochaines années, dont 18 millions $ cette année.

Devant la grogne naissante, le ministre avait dit la semaine dernière qu'il avait l'intention de prévoir des mesures de compensation à cette réforme fiscale dans son prochain budget, attendu dans un mois. Mais l'ampleur de la controverse l'aura donc incité à se raviser et à intervenir dès maintenant pour éliminer carrément la mesure prévue.

"Je ne pense pas que c'était une mauvaise idée de revoir un crédit d'impôt qui a été mis en place en 1972. La situation a beaucoup changé depuis 1972 et il faut qu'on soit capable au Québec de réévaluer nos programmes et nos crédits d'impôt", a commenté le ministre en conférence de presse, attribuant à un manque de communication la situation actuelle.

"Ça ne passait pas. C'était très mal reçu", a-t-il convenu, jugeant malgré tout que "l'inquiétude n'était pas fondée sur les faits".

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