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17/02/2017 11:38 EST | Actualisé 17/02/2017 11:42 EST

Matt Holubowski en quatre citations (ENTREVUE)

LePetitRusse

La voix, ce n’est pas qu’affaire de vedettariat. Parlez-en au discret Matt Holubowski, dont l’enveloppant album Solitudes, paru à l’automne, a été acclamé partout et lui a même valu un passage à Tout le monde en parle, un fait qui n’est pas automatiquement acquis pour tous les jeunes artistes qui débutent dans l’industrie de la musique.

Souvent cité en exemple lorsqu’on énumère les talents diplômés du célèbre concours de TVA qui volent de leurs propres ailes en marge des événements propulsés par Quebecor, Holubowski, membre de la notoire équipe d’Audiogram, admet sans gêne qu’il a eu un peu de mal à accepter son nouveau statut de personnalité publique après son passage au sein des troupes de Pierre Lapointe et son sacre à titre de finaliste, à la télévision, à l’hiver 2015.

Il se plie néanmoins au jeu des entrevues de bonne grâce, avec une timide gentillesse, humble lorsqu’il parle de sa récente œuvre, laquelle traite de la solitude sous plusieurs angles, et dont les sonorités sont autant inspirées de Bob Dylan et de Radiohead que de Tom Waits.

L’auteur-compositeur sera en spectacle dans le cadre de Montréal en lumière au Club Soda, le jeudi 23 février, puis à Chicoutimi et à Drummondville. Certaines villes affichent déjà complet, alors faites vite si vous voulez passer la soirée avec lui.

En voici plus sur Matt Holubowski, en quatre citations.

À propos de la thématique de son album, Solitudes

«L’artiste parle souvent de la peine ou de l’amour pour amener des sujets que tout le monde peut comprendre ; moi, j’ai choisi la solitude comme instrument pour aller chercher les gens. Tout le monde a vécu la solitude dans sa vie, que ce soit un état d’être ou un état d’esprit. C’est positif ou pas, mais on l’a tous vécu, et je voulais aller chercher les émotions qui peuvent jaillir de la solitude.»

À propos du multiculturalisme dans lequel il a grandi, lui qui est né à Montréal, d’une mère québécoise francophone et d’un père polonais anglophone

«Je me suis toujours identifié aux deux cultures, à égalité. Il y a une façon de penser différente quand on est dans les deux camps, surtout par rapport aux tensions qu’il peut y avoir entre les deux langues. Quand j’étais plus jeune, je me retrouvais souvent à être le médiateur entre les deux, à trouver des compromis entre les gens, et c’est là que je réalisais la différence que crée le fait d’appartenir à deux cultures.»

À propos du temps consacré à l’élaboration de l’album Solitudes, entre sa participation à La voix (2015) et la sortie de l’opus, en septembre 2016

«Ce n’était pas une décision de business, rien de ça. Je me suis demandé combien de temps ça devrait prendre pour faire un album. C’a pris le temps que c’a pris, environ un an et demi. De toute façon, j’avais déjà un album indépendant qui était paru, à l’été 2014, que les gens venaient de découvrir. J’en avais vendu environ 75 copies (rires). C’était un projet maison, presque fabriqué à la main, mais c’était important pour moi de continuer à laisser vivre ces chansons-là avant de lancer un autre album. C’est ce qui m’a amené à l’aventure de La voix, par hasard…»

À propos de la popularité instantanée que lui a apporté La voix

«Au début, je l’ai moins bien géré. J’ai souvent avoué que je n’étais pas très familier avec le concept de La voix. Ce n’est pas le genre d’émission que j’écoute nécessairement, dans mon quotidien. Je me suis retrouvé là par hasard, par plaisir. J’ai surtout eu de la misère avec le fait que ce phénomène crée un vedettariat qui ne m’intéresse pas vraiment, et qui distrait un peu de la musique. Pour moi, c’est important de mettre en valeur la musique et non la personne, mais des rendez-vous comme La voix créent l’inverse. Tu deviens connu pour ton visage et moins pour ton art. Au début, j’avoue que j’ai trouvé ça très difficile. Ce n’est pas évident de se faire mettre dans une boîte. Moi, je me retrouve souvent dans les trucs plus à gauche, et il y a de grands préjugés envers les émissions de téléréalité. Mais j’ai rencontré plusieurs personnes intègres qui sont passées par là et, une fois que j’ai compris que tout le monde était là pour les bonnes raisons, même si on a tous des styles et des raisons différentes de faire de la musique, j’ai pu continuer de faire les choses à ma manière. C’a été un défi au début, mais je reprends le contrôle.»

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