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16/02/2017 12:50 EST | Actualisé 17/02/2018 00:12 EST

UE: le parti au pouvoir polonais contre la réélection de Tusk

Le chef du parti conservateur nationaliste au pouvoir en Pologne Jaroslaw Kaczynski a déclaré jeudi qu'une réélection de Donald Tusk à la tête du Conseil européen n'était "pas dans l'intérêt de la Pologne".

Le chef du parti Droit et Justice (PiS) a longtemps été l'ennemi juré de Donald Tusk sur le plan politique national, mais depuis la prise du pouvoir par les conservateurs en Pologne en octobre 2015, il avance des critiques de plus en plus acerbes contre son compatriote dont le mandat expire en mai.

"Il n'est pas de l'intérêt polonais qu'une telle personne soit à la tête" de l'Union européenne, a déclaré M. Kaczynski, dans une interview citée par l'agence PAP.

Selon lui, Donald Tusk "est un homme politique qui s'engage très intensément dans les affaires polonaises et c'est dans des situations douteuses au plus haut degré".

N'occupant aucune fonction institutionnelle mais considéré comme l'inspirateur de toutes les décisions importantes du gouvernement polonais, M. Kaczynski a reproché à Donald Tusk de "nuire" à son pays.

Il a cité dans ce contexte la proposition de Bruxelles de demander une contribution de solidarité à tout pays refusant la répartition automatique des demandeurs d'asile dans l'UE, qui s'élèverait à 250.000 euros par personne.

"Ceci équivaudrait à trois milliards d'euros à payer par la Pologne", a souligné M. Kaczynski, Varsovie n'ayant accepté à ce jour aucun immigré et s'y opposant ouvertement.

M. Kaczynski a une nouvelle fois accusé Donald Tusk de "responsabilité morale" pour la catastrophe aérienne de 2010 où son frère jumeau, le président Lech Kaczynski, est mort aux côtés de 95 autres personnes, dont de nombreux hauts responsables du pays.

Il a évoqué aussi, sans le préciser davantage, "tout un paquet" d'affaires faisant, selon lui, "qu'il est difficile d'accepter une telle personne".

Récemment, la Première ministre conservatrice polonaise et son chef de la diplomatie ont critiqué Donald Tusk, pour ses réflexions sur la nouvelle administration américaine, que Varsovie a jugé "inutiles et déplacées".

La Pologne toute seule n'a pas le pouvoir de bloquer la réélection de Donald Tusk à la tête du Conseil européen, celle-ci n'exigeant pas l'unanimité lors du vote.

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